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DossiersQuelles stratégies pour la Corse ? La Corse et la stratégie allemande en Méditerranée

2 décembre 2019

Il me semble qu’une question n’a pas été suffisamment élucidée : les plans d’expansion de Hitler et ses objectifs de guerre étaient-ils déjà établis depuis les années où il avait engagé son combat politique, ou furent-ils chaque fois adaptés à la situation du moment ?

D’abord, l’Angleterre puis le Lebensraum à l’Est

Hitler, qui éprouvait de la reconnaissance et de la sympathie, voire de l’amitié pour Mussolini, était disposé à lui abandonner la zone Méditerranéenne. Il ne lui semblait plus nécessaire, après les premiers succès Allemands au début de l’été 1940, que l’Italie entrât en guerre. Du point de vue de l’Allemagne, il aurait suffi d’une tension des rapports de l’Italie avec la France et la Grande Bretagne pour fixer en Méditerranée les forces des adversaires occidentaux de l’Allemagne et la couvrir ainsi sur son flanc sud. La décision finale italienne de participer à la campagne d’Europe orientale pour exiger sa part du butin ne suscite pas l’enthousiasme de Hitler ni celui de l’état-major Allemand. Mais on ne conteste pas à l’Italie le droit de se créer un nouvel Empire par une «guerre parallèle», car il n’y avait pas de plans communs. Pour Hitler cela ne compromettait pas les intérêts de l’Allemagne, pas même dans les Balkans où il put prendre le contrôle des matières premières dont il avait absolument besoin, du pétrole roumain en particulier.

Dans l’été 40 il atteignait un des sommets de sa puissance. Après avoir accordé à la France des conditions d’armistice, qui de prime abord apparaissaient étonnamment modérées, il espérait que la Grande-Bretagne se raviserait et accepterait la paix aux conditions qu’il fixerait. Quand cet espoir fut détruit, les Allemands crurent qu’une nouvelle intervention militaire leur permettrait d’imposer leur volonté à l’adversaire. Les préparatifs pour une intervention sur le sol même des Iles Britanniques furent exécutés sans conviction puis abandonnés lorsqu’il apparut que la condition préalable à une telle entreprise, c’est à dire la maîtrise du ciel au dessus de l’Angleterre, ne pourrait être acquise.

Ce fut l’échec de la stratégie directe, le commandement militaire Allemand était face à un dilemme et il n’y avait qu’une issue : abattre la Grande-Bretagne à la périphérie, par une stratégie indirecte, pour la contraindre d’accepter les exigences Allemandes, et .on y avait déjà pensé auparavant. Après la campagne de France l’état-major de la Wehrmacht (O.K.W.) avait proposé de soutenir les Italiens en Libye en leur fournissant quelques divisions. Hitler estimait qu’il était encore plus important de conclure une alliance avec l’ Egypte pour conquérir Gibraltar. Mais selon lui ce n’était que des «actions secondaires» auxquelles il ne voulait pas accorder une grande importance(2). Car au même moment il examinait une autre stratégie : la Marche vers l’Est. Tout comme ses conseillers militaires, il était persuadé qu’il vaincrait l’Union Soviétique en quelques mois, éliminant ainsi le dernier allié potentiel de l’Angleterre sur le continent européen. Mais il écarta cette décision. L’état major de la marine de guerre allemande était d’un autre avis : il avait les regards fixés sur la Grande-Bretagne et cherchait à l’affaiblir en atteignant ses convois dans l’Atlantique et l’état-major de la marine voyait maintenant l’occasion favorable pour remporter la victoire sur son principal adversaire en Méditerranée.

Selon la marine, c’est là et non vers l’Est que l’état-major des Armées Allemandes devait mettre le maximum de forces. La Marine cherchait donc à convaincre Hitler de l’utilité d’une coopération militaire avec l’Espagne et avant tout avec la France. Son objectif étant d’obtenir des points d’appuis pour l’Allemagne à Dakar, aux Iles Canaries, [avec] la conquête de Gibraltar, la garantie de l’Afrique du Nord Française et, de mener conjointement avec l’Italie, une attaque vers le Proche-Orient dont les réserves en matières premières faciliteraient aux puissances de l’axe la poursuite de la guerre.

L’impossible « Bloc continental

Mais Hitler n’adopta pas cette stratégie tout d’abord. Il lui semble, à l’automne 40, qu’il pourrait réaliser autrement ses plans pour devenir une grande puissance mondiale; il voulait constituer un «Bloc Continental» qui se serait étendu du Japon à l’Espagne et aurait inclus l’Union Soviétique. Dans ce but il se rendit à Montoire et à Hendaye mais ce fut l’échec total. Hitler dut alors admettre que les conditions politiques préalables à une telle coalition n’existaient pas. Les prétentions territoriales des partenaires [Italiens et Espagnols en Méditerranée], pour ne parler que de cela, étaient déjà inconciliables. Peut-être aurait-il été possible de gagner l’Espagne si elle avait pu escompter qu’elle obtiendrait le Maroc, mais là encore Hitler ne pouvait pas prendre d’engagement s’il voulait obtenir une participation de la France. Il ne faisait pas de doute pour lui que la France devait payer par des concessions territoriales sa déclaration de guerre à l’Allemagne. Mais il pensait que le moment d’en parler n’était pas encore venu. Et l’existence de tels plans aurait nécessairement fait reculer le gouvernement Pétain devant une action conjointe avec les puissances de l’axe. Il était illusoire de croire qu’on pourrait entraîner la France dans une guerre contre la Grande-Bretagne si on ne lui assurait pas qu’elle conservait son empire colonial, l’intégralité de son territoire métropolitain et un allègement considérable du régime d’occupation.

En règle générale, toutes les tentatives de collaboration entre l’Allemagne et la France dans le domaine militaire ont souffert d’une incompréhension fondamentale des Allemands. Elles reposaient plus ou moins sur l’hypothèse erronée qu’il suffirait de quelques concessions sur les questions militaires pour que la France défendit son empire colonial contre la Grande-Bretagne et contre De Gaulle et se soumit à la politique de guerre de l’Allemagne.

Il y avait une autre difficulté pour parvenir à la réalisation de ce «Bloc Continental», c’était la position de l’Italie. Toutes les tentatives de rapprochement Franco-allemand, qui malgré tout répugnaient à Hitler, éveillaient la méfiance italienne. Pour Mussolini cela compromettait la réalisation de ses prétentions sur Tunis, la Corse et Nice ; et Hitler savait également que le Duce, pour des raisons de politique intérieure ne pourrait pas se permettre d’y renoncer. Malgré cela l’Allemagne ressentait les ambitions territoriales de ses alliés un peu comme hypothèque, comme limitation de sa marge de manœuvre en politique extérieure à l’égard de la France qui avait encore une importance politique en raison de ses possessions situées en Afrique Septentrionale et Occidentale et de sa flotte. Ce fut l’échec de l’idée du «Bloc Continental» à cause des intérêts contradictoires et inconciliables des états concernés. Hitler s’en est convaincu au plus tard, lors de la visite de Molotov à Berlin en novembre 1940 et lorsque un mois après, l’Espagne renonça à entrer en guerre.

Mussolini incapable de tenir le front secondaire de Méditerranée

Alors Hitler tourne à nouveau les regards, et plus que jamais, vers l’Europe orientale. Mais selon lui, pour la tournure des rapports en Europe de l’Ouest et du Sud, c’était l’Italie qu’il fallait tout d’abord prendre en considération. Il était tout à fait conscient des faiblesses militaires de ses alliés. Aussi avait-il toujours cherché à convaincre Mussolini de la nécessité d’accroître les efforts de guerre dans cette zone qui ne l’intéressait pas et qui lui semblait appropriée pour affaiblir la Grande-Bretagne dans le secteur qui intéressait l’Italie : l’Afrique du Nord. Il proposa donc l’aide de l’Allemagne en septembre 1940, mais Mussolini déclina l’offre. Avec l’échec de son attaque dans les Balkans à l’automne 40, Mussolini mettait aussi les Allemands dans une situation difficile. Une telle perte de prestige de l’Italie ne pouvait être intéressante pour l’Allemagne. D’ailleurs par la suite Hitler fut constamment obligé de fournir un soutien militaire aux Italiens. Et ce dès lors que la Grande-Bretagne installa des points d’appuis en Grèce ou dans les îles de la mer Egée, ce qui pouvait mettre en péril l’approvisionnement de l’Allemagne en pétrole roumain.

Un envoi massif de forces aurait peut-être tranché l’issue de la guerre en zone méditerranéenne mais cette possibilité ne fut pas utilisée (3). Il est certain que de tels projets allemands ont existé et pas seulement dans la marine. Ils étaient constamment ajustés à une situation politique et militaire mouvante, mais ils restaient toujours au second plan, après l’entreprise contre la Russie. C’est encore le cas en automne 1940 lorsque l’état major de l’Armée (O.K.H.) suggère une offensive contre le Proche Orient.

Hitler hésitait à cause des répercussions sur l’Union Soviétique. En outre son appréciation des problèmes logistiques afférents était plus réaliste que celle d’une partie de ses conseillers militaires, en l’occurrence du moins. Il se sentait plus sûr dans la conduite de la guerre sur terre, quand il pouvait dominer l’espace du regard.

Début 1941, les premières troupes de la Wehrmacht en Méditerranée

En tout cas, il se décide en décembre 1940 pour la «Solution Orientale» et en ce qui concernait le bassin méditerranéen, il lui suffirait dans l’immédiat que l’Allemagne fût couverte sur son flanc sud par l’élimination de la Grèce et des points d’appuis que les Britanniques y avaient, et par l’immobilisation des forces Britanniques en Libye. C’est dans ce but que des soldats Allemands firent leur première apparition dans la zone méditerranéenne en janvier 1941. A la Luftwaffe succéda en Février l’ Afrika Korps commandé par Rommel. Hitler n’était pas satisfait de cet engagement sur un terrain de guerre secondaire. Mais pour protéger Mussolini et s’assurer de la zone de Balkans, et considérant par ailleurs l’attitude jugée peu sûre de Weygand au Nord Ouest de l’Afrique, il pensa qu’il ne pourrait pas éviter d’envoyer des troupes Allemandes en Sicile et en Libye. Il n’y avait pour la Méditerranée Occidentale que des plans défensifs car toutes les autres forces étaient maintenant nécessaires à l’est. Il fallait différer les entreprises plus importantes jusqu’à la fin de la campagne de Russie. Même les victoires en Méditerranée Orientale pendant les six premiers mois de 1941 (Grèce, Crète, Libye) n’amenèrent pas Hitler à se départir de ce point de vue. C’est seulement après la victoire contre l’Union Soviétique pensait-il, qu’il aurait la force politique et militaire nécessaire pour mener de concert avec l’Italie une offensive en Méditerranée et conquérir Gibraltar, Malte, Chypre et le Canal de Suez, avec le soutien si nécessaire de l’Espagne et de la France. Le prolongement inattendu de la guerre à l’Est devait l’en empêcher, de même qu’il ne put pas non plus exécuter son plan hardi en direction du Proche-Orient (le mouvement de prise en tenailles à l’automne 1940). Ce plan était maintenant complété par un 3e axe d’intervention qui de la Transcaucasie vers l’Irak traversait l’Iran. Hitler avait surestimé les forces allemandes. Ses plans de puissance mondiale échouaient devant la force de la résistance Soviétique qui avait été sous-estimée pour des raisons qui n’étaient pas qu’idéologiques.

2ème semestre 1942, les Anglo-américains à l’initiative en Méditerranée

Hitler devenait de plus en plus conscient de l’importance de la guerre en Méditerranée, mais il ne disposait toujours pour cela que d’un minimum de forces allemandes. Certes, la suspension des combats qui intervint pendant l’hiver 41-42 sur le front de l’est, permettait d’en dégager quelques unités de la Luftwaffe pour la Méditerranée, parallèlement au renforcement des forces navales allemandes. Les puissances de l’axe pouvaient à nouveau améliorer leur position d’autant plus que l’entrée en guerre du Japon avait contraint la Grande Bretagne à retirer des troupes pour le terrain d’opération en Asie.

Avec la reprise des combats sur le front de l’Est, la Méditerranée retrouva son rôle de théâtre d’opération d’une guerre secondaire. Suez n’était pas atteint, la conquête de l’Ile de Malte, dont l’importance n’avait pas encore été complètement reconnue, n’avait pas réussi. Après la défaite du Japon à Midway, la Grande Bretagne pouvait à nouveau étoffer ses forces navales en Méditerranée. Les pertes dans le ravitaillement des troupes de l’Axe en Afrique du Nord montaient en flèche. Du côté Britannique, les livraisons de matériel de guerre américain produisaient maintenant leur effet. A la fin 1942, Hitler dut reconnaître qu’il ne gagnerait pas sa guerre : la tâche de l’armée allemande était maintenant de garder sur tous les fronts les lignes atteintes. Mais c’était encore trop exiger d’elle. El Alamein et le débarquement au Nord Ouest de l’Afrique amenaient les premières défaites à l’Ouest aussi et montrèrent que la chute de la «Citadelle Europe» n’était qu’une question de temps.

L’adversaire avait pris définitivement l’initiative. Le cours de la première moitié de la guerre qui finissait mal pour l’Allemagne et qui après les premiers succès triomphants l’avait conduite dans une impasse, conférait à la zone méditerranéenne, une importance croissante pour la stratégie allemande. Si au début c’était le manque d’intérêt de Hitler pour ce secteur et la prise en considération de Mussolini qui avaient fait obstacle à un engagement plus important des Allemands dans le bassin Méditerranéen, les préparatifs et la conduite de l’agression contre l’Union Soviétique ne permettaient pas d’opérations militaires décisives dans ce secteur. Les stratèges allemands ne purent imposer d’autres conceptions. C’est Hitler et lui seul qui décidait du sort de l’Allemagne et il croyait qu’il ne pourrait vaincre le principal adversaire préalable, à savoir la Grande Bretagne.

En outre, l’Europe de l’Est exerçait sur Hitler une attraction incomparablement supérieure : surfaces cultivables, ressources du sous-sol et main d’œuvre. Pour autant que les Allemands envisageaient d’y mener un combat sérieux contre la Grande Bretagne, ce qui les intéressait en premier lieu dans la zone méditerranéenne c’était les secteurs stratégiquement importants aux issues Ouest et Est d’une mer plus ou moins contrôlée par la Grande Bretagne. De ce point de vue la Corse n’avait pas beaucoup d’importance et son sort fut longtemps indifférent aux Allemands.

Qui pour protéger la Corse des Anglo-américains ?

Au printemps 1940, l’ O.K.W. souhaita, au cas ou l’Italie prendrait part à la guerre, mais ne serait pas prête à une attaque conjointe sur le Rhin Supérieur, que son allié s’avance sur le front Franco-italien des Alpes et débarque en Corse.(4). Les Allemands pensaient que l’Ile fournirait une bonne base pour couper les livraisons maritimes entre la France et l’Afrique du Nord. Par contre, une occupation ultérieure, condition en quelque sorte de l’armistice entre l’Italie et la France n’intéressait pas encore l’Allemagne. Au début un traitement «Généreux » de la France devait faciliter l’obtention du compromis recherché avec la Grande Bretagne, par la suite il importait de garder en éveil la volonté du gouvernement de Vichy de défendre son pouvoir et d’empêcher dans la mesure du possible la défection de la flotte et des colonies.

Mussolini ne put s’empêcher de s’adapter à la politique de Hitler et Allemagne n’avait pas besoin pour cela d’exercer une pression particulière. Le Duce avait reçu suffisamment d’assurances de l’Allemagne pour savoir qu’elle ne s’opposerait pas aux revendications ter-Mariales de l’Italie. Mais la réalisation de ses objectifs devait être remise jusqu’à la conclusion d’une paix, les deux dictateurs pensaient que leur position de force leur permettrait de dicter leurs conditions aux vaincus. Mussolini ne perdait pas la Corse de vue.

A Rome on examinait périodiquement l’occupation de l’Ile. Et même pour les Allemands, la Corse prit soudain de l’importance lorsqu’au début 1941, la situation des Italiens en Afrique du Nord sembla menaçante et qu’on ne put plus exclure une attaque Anglaise contre le continent italien et les îles de la Méditerranée Occidentale. Le renforcement des troupes françaises en Corse proposé par Vichy fut refusé par la commission italienne d’armistice (5), les Allemands ne s’y opposèrent pas. Ils ne savaient pas comment exercer le meilleur contrôle militaire sur la Corse. L’ O.K.W. commença à rassembler des renseignements sur l’Ile et en conclut que le plus favorable serait d’arriver à défendre «la Corse en collaboration avec la France»,(6) mais comme en réponse au renvoi de Laval, il ne pouvait être question de collaboration militaire, on pensa occuper l’île , et même en la circonstance avec des troupes uniquement allemandes. Cela est significatif de l’appréciation qu’avaient les Allemands de leur partenaire de l’Axe : l’intention principale des Italiens était du reste d’affaiblir la France mais il était hors de question de les laisser occuper la Corse dans une situation identique à celle qui avait suivi l’échec de l’attaque italienne contre la Grèce(7), l’armée italienne ne devait en aucun cas s’engager sans accord préalable avec les Allemands. Mais au sujet de la Corse, il n’y a pas qu’une attitude Allemande. La marine de guerre qui est toujours intervenue pour demander une collaboration entre l’Allemagne et la France dans les questions militaires, considérant qu’il était tout à fait superflu d’occuper l’île, mettait en garde contre les conséquences éventuelles : une telle entreprise risquait de «jeter la France et surtout l’Afrique du Nord française dans les bras des Anglais»(8). L’ O.K.W. par contre prévoyait le débarquement en Corse dans le cadre du plan «Attila» d’occupation du reste de la France, si cela s’avérait nécessaire ; des propositions en ce sens furent transmises à Rome en mai 1941, sous le nom de code «Candia». Ce plan prévoyait la participation de la Luftwaffe et un débarquement aérien près d’Ajaccio ; il fut vertement critiqué par la marine de guerre. L’Amélioration de la situation militaire en Afrique du Nord, hors de vue des puissances de l’Axe, épargna d’abord à la Corse l’occupation ennemie. Certes les Allemands n’avaient pas totalement écarté la possibilité d’un débarquement britannique, mais dans l’immédiat, il leur paraissait improbable (9). Le cas échéant la marine de guerre comptait sur la capacité des Français à défendre leur pays. Par contre Hitler n’excluait pas qu’il pût être mis dans l’obligation d’occuper rapidement la Corse à tout moment (10).

Le débarquement des Anglo-Américains en A.F.N. La Corse occupée

L’exécution en serait alors laissée aux Italiens, ce qui se produisit le 11 novembre 1942. Les Allemands se contentaient de se renseigner occasionnellement sur l’état des préparatifs. Depuis le printemps 1943 on préparait la défense des îles de la Méditerranée, Sicile, Sardaigne, Corse contre des débarquements alliés, mais on ignorait où l’attaque se produirait, on pensait même à la Grèce. En Méditerranée Occidentale, Hitler croyait surtout contrairement à Mussolini, et à Kesselring , commandant en chef allemand à une menace contre la Sardaigne puis la Corse, et il ordonna un transfert de troupes allemandes vers ces deux îles. Pour la Corse, Hitler prévoyait un régiment renforcé. On savait bien de l’autre côté des Alpes que les Italiens ne voulaient pas de troupes allemandes en Corse : ils ne voulaient pas qu’on ait l’impression qu’ils étaient incapables seuls, de défendre l’Ile(11). Mais les Allemands, convaincus de leur supériorité militaire jugeaient qu’ils devaient être représentés en Corse. L’occupation de l’Ile par les Italiens leur avait fait une bonne impression, mais ils attribuaient à la Corse et surtout à ses ports et aéroports une grande importance pour la défense du Sud de la France. L’Ile apparaissait également comme tremplin possible pour une intervention contre l’Italie du Nord, ce qui pouvait conduire à un isolement des troupes Allemandes stationnées dans le Sud de l’Italie. Entrait aussi en ligne de compte la possibilité en cas de débarquement allié que la population Corse «se mette du côté de l’assaillant»(12). Les Allemands étaient conscients que leurs propres forces ne suffisaient pas pour être maîtres de l’île. Mais ils étaient convaincus que la présence de soldats allemands aurait un effet sur le moral des troupes italiennes.

Au début de juin 1943, des membres de la marine de guerre allemande furent envoyés en Corse. Leur tâche principale était d’organiser les transports maritimes allemands. A peu près au même moment, la Luftwaffe devait commencer à mettre en place une infrastructure discrète. L’unité annoncée des forces terrestres arrive ensuite en juillet. Le choix était tombé sur la brigade d’assaut Reichführer SS une unité levée d’abord en France sur le Bataillon d’accompagnement de Himmler et sur des troupes de l’armée. Elle se composait d’un bataillon de grenadiers et des groupes suivants : batterie d’assaut, Panzerjager et D.C.A.. Les troupes avaient à peine l’expérience du combat. Il ne s’agissait nullement de l’unité d’élite que Kesselring avait annoncée le 18 juin à Ambrosio, chef du «Commando Supremo». Placée sous le commandement du Gexle SS Obersturmban Führer, cette réserve d’intervention fut cantonnée dans le secteur au sud de Corte d’où elle devait le cas échéant faire marche sur Ajaccio ou Aléria. Fin août elle se retire plus au sud, dans le Sartenais – entre temps on l’avait divisée en deux bataillons de combat renforcés par une réserve importante mais motorisée en partie seulement. Il fallait couvrir la retraite des troupes allemandes venues de Sardaigne car on s’attendait entre temps à la chute de l’Italie.

Allemands et Italiens en Corse, des rapports difficiles.

Malheureusement on ne dispose pas de documents de ce corps (sturmbrigade) ou du moins pas aux archives de Freiburg. Les sources ne sont pas meilleures à propos de la 90e Panzergrenadierdivision, formée au même moment en Sardaigne. Ainsi, on ne peut pas établir si des consignes particulières de comportement ont été données aux troupes allemandes installées en Corse. Les journaux de marche des services de la marine à Bastia et Bonifacio qui nous sont parvenus établissent à l’évidence que les Allemands sont restés fort courtois vis à vis des autorités militaires italiennes. Leurs droits furent largement respectés et les Italiens de leur côté s’attachaient à ce qu’aucune compétence territoriale ne soit accordée aux Allemands et qu’ils n’entrent pas en relation avec les autorités locales. Ainsi quand le Consul italien Turcato annonce à Rome, en protestant, que les Allemands auraient distribué des vivres à la population Corse, cela est bien excessif, ainsi que le constate l’état-major italien. Le fait qu’un jour des troupes abordant à Bastia avaient distribué aux enfants des biscuits et du chocolats correspondait à coup sûr à l’émotion du moment. Les Allemands ne cherchaient pas ainsi à s’attirer la sympathie des Corses aux dépens de l’allié italien ? Et cela aurait été d’ailleurs bien illusoire. Après le débarquement allié en Sicile, les Allemands n’espéraient déjà plus tenir l’île longtemps encore (13). On se demandait maintenant où aurait lieu le prochain débarquement : en Sardaigne ou en Corse, dans le sud de l’Italie ou en Grèce. Ce qui avait surpris les Allemands, c’était la rapidité de l’effondrement de la défense italienne en Sicile. En Sardaigne, Kesselring craignait le même désastre. Il envisagea même de transférer la Brigade SS de Corse dans le Nord de la Sardaigne.

Les rapports entre l’Allemagne et l’Italie étaient déjà difficiles de toutes façons et ils s’aggravaient maintenant très vite. Les exigences excessives des Allemands se heurtaient à une fatigue de la guerre toujours plus chez les Italiens. On ne pouvait déjà plus résoudre des problèmes comme ceux d’un commandement en commun, du transport, de l’équipement, de la répartition des unités allemandes et de leur ravitaillement. Le renversement de Mussolini le 24 juillet accentua encore la méfiance réciproque. Les Allemands prirent leurs dispositions pour le cas où l’Italie sortirait de la guerre. Dès la fin juillet ils avaient des informations faisaient état de cette aspiration. Jusqu’à la fin août toute une série contre-mesures furent transmises aux services Allemands d’une certaine importance et elles devaient être exécutées si l’Italie sortait de guerre, c’était le plan «Axe».(14). L’arbitraire croissant des Allemands, et les manques à la discipline donnaient l’impression aux Italiens qu’on traitait déjà leur pays comme une zone occupée. L’appréciation qu’ils portaient sur leur propre situation n’était nullement optimiste.

Pour la Wehrmacht,  la Corse comme lieu de transit vers l’Italie continentale.

L’ O.K.W. estimait qu’il n’était pas possible de tenir les îles. Il ordonna donc fin juillet que fût préparée l’évacuation de la Sicile, de la Sardaigne et de la Corse. Le matériel d’équipement lourd -que l’on ne, pouvait espérer sauver -serait détruit.(15). Mais bientôt Hitler et L ‘O.K.W. voyaient la situation avec davantage de confiance. La Corse, du moins, leur semblait moins exposée. Les transports de troupes et de ravitaillement en direction de l’île reprirent.(16) Par contre il faudrait abandonner immédiatement la Sardaigne, si les troupes italiennes ne résistaient pas à une attaque des Alliés ou si sa défense apparaissait vouée à l’échec en raison de l’évolution politique. L’augmentation des forces allemandes réclamée par le «Commando Supremo» allait contre les intentions des Allemands. Kesselring souhaitait par-dessus tout faire évacuer tous les soldats allemands de Sardaigne, mais il ne savait pas comment le faire admettre aux Italiens (17). Dès la mi-août la 90e division Panzer Grenadier faisait marche vers le nord [de la Sardaigne] pour pouvoir gagner le sud de la Corse depuis les ports de Gallura, selon le plan «Axe». Le commandant de la Division, le Général en Chef de la Luftwaffe devaient aussitôt prendre le commandement des troupes allemandes en Corse. On prévoyait, en même temps, l’occupation de l’île d’Elbe pour contrôler la liaison entre la Corse et le Continent italien. Si les Allemands tenaient encore, pour quelque temps du moins, en Corse, cela pourrait faciliter la construction d’une ligne de défense durable au sud de Rome, en incluant peut-être même, l’importante base de Foggia. (18) On prit même des mesures dans les bases allemandes en Corse pour parer à toute surprise. Il fallait fournir des armes adaptées aux nombreux services allemands. Des rapports militaires parlaient constamment de la préparation et de l’embarquement de troupes françaises en Afrique du Nord. Selon les Allemands la Corse s’offrait en premier lieu pour leur utilisation. Un débarquement ennemi et le retrait des Italiens de la guerre compliqueraient donc aussitôt la situation des Allemands combattant les groupes de résistance(19). Il fallait donc s’assurer des ports de Bonifacio et de Bastia, des routes de la côte orientale pour garder la liaison vitale Sardaigne-Corse-Italie continentale. Jusqu’au début septembre, on continue de renforcer les troupes allemandes en Corse, on fournit à la «SS Brigade» les éléments qui lui manquaient, et le matériel lourd. Elle avait finalement une force de 4400 hommes, des troupes du génie (Bautruppen), de la D.C.A., des troupes de fortification ; un bataillon d’armée, des unités d’artillerie et des forces navales étaient, en outre, venues dans l’île (20). Pour durcir le commandement, l’ .O.K.W. permit l’envoi d’un officier supérieur le Général lieutenant (général de corps d’armée) Von Senger Und Etterlin, qui avait dirigé auparavant l’Etat Major de liaison en Sicile. Von Senger Und Etterlin prit son service le 8 septembre comme «Commandant de la Wehrmacht en Corse». Son Etat-major était arrivé la veille et avait aussitôt établi la liaison avec le VIIe corps d’armée du général Magli, juste à temps avant que commence la capitulation italienne le 8 septembre au soir.

Une retraite de la Wehrmarcht rapide et relativement bien ordonnée.

Les troupes allemandes en Sardaigne et en Corse se trouvèrent menacées par le changement de l’Italie. C’est par un coup de chance qui n’était pas escompté au début, qu’elles réussirent cependant en un mois peine, à exécuter une retraite relativement ordonnée et à sauver la plus grande partie des soldats et de leurs armes lourdes. I1 ne nous est pas possible de faire ici la description des combats, nous préférons établir les trois points qui ont du point de vue allemand ont la plus grande importance:

1/ Les rapports entre l’Allemagne et l’Italie. Les relations avaient d’abord été bonnes. Le chef d’Etat-major du commandant de la Wehrmacht se souvient de ce que le chef d’état-major Italien [Magli] était bien disposé à l’égard des Allemands (21). Magli voulait éviter un conflit avec ceux qui avaient été jusque là ses alliés. Tout comme le Général Basso en Sardaigne, il se déclara satisfait d’un retrait rapide des Allemands. Il aurait été convenu au cours d’un entretien qu’on leur laisserait pour cela les routes de la côte orientale. Les incidents de Bastia, où selon la consigne «Axe», la Marine de guerre entreprenait un coup de main sans succès contre les installations portuaires et les bateaux de guerre italiens, sans que le commandement de la Wehrmacht le sache, vidaient cependant l’accord de son contenu, d’autant que le quartier général de Magli avait été en outre attaqué par des avions allemands.

Certes il y eut encore des arrangements ici et là entre Italiens et Allemands mais les Allemands durent abandonner Bastia. Les troupes allemandes, étaient insuffisantes pour exécuter l’ordre qui leur avait été donné de désarmer tous les Italiens. Les services locaux allemands considéraient que cela n’était pas conforme à l’objectif tant que les troupes italiennes pourraient et voudraient contenir la résistance. L es ordres draconiens de l’OKW s’y opposaient pourtant puisqu’ils stipulaient que les Italiens, mais finalement les officiers seulement, devraient être traités comme des partisans s’ils ne se conformaient pas à l’ultimatum qui leur était donné de déposer les armes (22). Cela ne se fit pas, du moins lorsqu’ après la reconquête de Bastia, plus de vingt officiers italiens furent faits prisonniers par les Allemands, et cela témoigne qu’il restait un peu d’esprit chevaleresque ou d’humanité dans ce dur combat en Corse où les pertes furent importantes. Le Général Magli avait lui-même rejeté auparavant un tel ultimatum.

De toutes façons régnait un grand désordre. Une partie des Italiens déposaient les armes, la majorité se retirait à l’intérieur de l’île ou attaquaient des points d’appuis allemands, d’autres continuaient le combat aux côtés des Allemands. A plusieurs reprises les Allemands essayèrent d’agir, mais sans succès sur le Général Magli. Selon eux, il était déjà sous l’influence des «Gaullistes ». Toutefois il y eut encore à Barchetta le 20 septembre un échange de prisonniers entre Allemands et Italiens (23).

2/ L’adversaire français. Quand la résistance déclencha son attaque, les Allemands s’y attendaient mais ils furent surpris par son importance. Ce n’est pas tant aux Italiens qu’à la Résistance que l’on doit la perte de Bastia (24). Les liaisons routières coupées, il fallut abandonner des dépôts de ravitaillement situés à l’intérieur de l’île. Il n’y avait pas eu auparavant de grands engagements. Les tentatives de parvenir à un accord avec la Résistance française, conduisirent occasionnellement à un résultat. C’est ainsi que fut conclu à Porto-Vecchio le 14 septembre un cessez le feu de quatre jours. Mais d’autres groupes passaient aussitôt à l’attaque. Des colonnes allemandes étaient coupées. Des attaques de déblocages ne parvenaient pas à percer. La Résistance, surtout là où elle fut aidée par une action conjointe des unités italiennes, se révéla être un adversaire obstiné qui donna au début plus de peine aux Allemands que les forces régulières débarquées à la mi-septembre et qui ne furent perçues que progressivement.

Le commandant en chef du Front Sud voulait une occupation complète de l’île avant l’occupation, ou du moins un nettoyage pour ouvrir une voie de passage dans le centre de l’île, le Commandant de la Wehrmacht s’y opposa. Il pensait qu’il n’avait pas assez de forces pour un combat de guérilla qui aurait fixé une trop grande partie de ses troupes et qui lui paraissait à priori voué à l’échec (25). Vers le fin du mois le rapport de force s’était également renversé au détriment des Allemands qui se retiraient. Une à une, mais plus vite qu’ils ne le voulaient, les sécurités qu’ils avaient mises en place cédaient sous la pression de l’adversaire.

3/ La retraite. Malgré la menace des Italiens et des Français, la retraite allemande de Sardaigne puis de Corse se déroula mieux qu’on ne l’espérait. La compréhension ou plutôt l’indécision des chefs italiens à la Maddalena et à Bonifacio facilitait l’improvisation allemande. On cessa aussitôt d’acheminer en Corse les troupes qui devaient y aller (26). Le 12 septembre, Hitler ordonna l’évacuation de l’île (27). Priorité était donnée au retrait des 32000 soldats ; la perte des armes lourdes et du matériel était inévitable (plus de 100 chars, 600 pièces d’artillerie, 5000 véhicules) ; les stocks en munitions et les installations en état et présentant un intérêt militaire devaient être détruites, autant que possible, lors de la retraite.

La jonction avec les unités venant de Sardaigne, parmi lesquelles un bataillon de chasseurs parachutistes italiens, renforça pour un temps la position allemande. Après de durs combats Bastia fut [re] pris le 13 septembre. Pour protéger la zone portuaire et les terrains d’aviation proches les verrous allemands furent immédiatement avancés vers l’ouest. L’évacuation commença le surlendemain vers le continent italien, avant même que les dernières troupes allemandes ne quittent la Sardaigne, le 18 septembre. Le Commandant en Chef se demanda encore s’il ne fallait pas tenir en Corse pour protéger la côte ligure et offrir un point d’appui irremplaçable à la Luftwaffe. Mais l’O.K.W. qui s’attendait à coup sûr à un débarquement de troupes régulières ne se laissa pas influencer. (28).

Pendant que les troupes allemandes faisaient retraite sur Bastia en continuant le combat, l’évacuation des troupes se poursuivait par mer et par air. Les pertes causées par l’aviation alliée et les sous-marins étaient considérables et les Allemands furent contraints de retirer d’importantes forces aériennes du front de Salerne. Il y eut même des mouvements de panique chez les Allemands entassés à Bastia. Des officiers se battaient et gênaient l’embarquement par des ordres qui ne venaient que d’eux (29). Malgré tout, le soir du 3 octobre l’arrière garde parvint à se libérer de l’adversaire et à embarquer une partie des véhicules malgré un violent tir d’artillerie .

Du point de vue allemand, l’évacuation de la Sardaigne et de la Corse après la Sicile, était un nouveau succès, du moins parce que l’on ne mesurait pas les choses de la même façon après Stalingrad et Tunis. Hitler exprima d’ailleurs tout de suite sa reconnaissance au Commandant de la Wehrmacht. D’après les indications de la Wehrmacht on avait réussi contre toute attente à embarquer de l’île, 30550 soldats, 1200 prisonniers, des chars, 3500 véhicules, 500 pièces d’artillerie et 7500 tonnes de matériel. Les pertes lors du transport : 250 morts ou disparus32 avions, 4 bateaux et 7 plus petits, restaient dans les normes.

Pour la Wehrmarcht, priorité au Front italien.

Les avantages opérationnels qui s’offraient aux Alliés avec la possession de la Sardaigne et de la Corse pesaient plus lourd. Ces îles pouvaient leur servir de base pour des interventions contre le sud de la France et le nord de l’Italie et avec les aéroports qu’elle venait de conquérirl’aviation alliée se rapprochait des terres du Reich. A l’avenir il fut difficile d’organiser les transports maritimes le long des côtes ligures et du nord de la France. Du point de vue allemand la condition préalable à de plus grandes entreprises était le développement des installations militaires, ce qui prendrait du temps. Le début de la mauvaise saison semblait garantir un moment de sursis(30). C’est pourquoi les mesures défensives allemandes furent concentrées sur l’Italie centrale. Si l’on parvenait à y maintenir le front, toutes les opérations alliées au départ des îles [était une menace] menacées sur leur flanc. La possession de la Corse était donc utile pour les Allemands qui menaient la guerre en Italie. Mais cela n’avait pas une importance vitale comme le démontra ultérieurement la cours de la guerre. Le transfert des troupes allemandes en Corse, leur combat et leur retraite ne sont qu’un épisode dans une guerre provoquée à la légère. Elle ne se déroula pas du tout comme Hitler l’avait prévu, et son sort fut décidé sur d’autres fronts.

Dr Hans UMBREIT

NOTES

1/ Andreos Hill Gruber. La politique et la stratégie De Hitler dans le bassin méditerranéen dans «La Guerre en Méditerranée» Paris 71, p.137-157.
2/ Conversation entre le commandant en chef de la Méditerranée et le Führer du 31.7.40, dans le rapport du Cdt de la Marine à Hitler sur la situation 1939-1945. Munich 72p. 128.
3/ Lothar Gruchmann – «Les occasions manquées» des puissances de l’Axe dans le bassin méditerranéen 1940/41, dans «La guerre en Méditerranée». Paris 1972 p.159-180.
4/ Annexe 2 à «Le Führer et les chefs de la Wehrmacht» n°22 – 140/60 du 4.4.190 (Archives Militaires BA/MA case 1203).
5/ Communiqué n° 146 du 17.1.71 sur les travaux de la Commission d’Armistice (BA/MA case 571).
6/ Note OKW/WIST/LIII (op) n° 44 153/41 – chef du 13.2.41/BA MA RW4/v513) .
7/ C’est le sens de l’avertissement de l’Attaché de la Marine allemande à Rome le 19.2.41 (Dossier de politique étrangère allemande. vol. XII,I. Gôttinger 1969. Doc. n°65, fasc.4).
8/ Note de l’Ambassadeur Ritter Genève 1941 (ibid. doc.n°82, p.127 et suite).
9/ Note OKW/wfst/L (Lop) n°44283/41 chef du 5.5.41 au Général Allemand près de l’Etat Major de l’Armée Italienne (BA MA case 1263)
10/ Conversation entre Hitler et Mussolini le 30.4.42 (BA MA case 264). 11/ Message du Commandant de la Marine Allemande en Italie 5.5.43 aux responsables de la guerre navale (BA MA case 266)

12 Commandant en chef Front Sud/F.A. Io H/M/C – n°2 – 3/43 chef du 30.6.43 – Appréciation sur la situation en Sicile, Sardaigne et Corse (ibid).
13/ Rapport sur la situation OKWwFst du 15.7.43 (BA MA Rw 4/4 105°)
14/ Rapport sur la situation OKW wFst du 25.7.43 (ibid)
15/ Message OKW/wFst n° 661649/43 clef 26.7.43 au Cdt chef Front Sud (BA MA C. 216) .
16/ Message OKW/wFst n°661946/46 du 18.8.43 au Cdt chef Front Sud (BA MA c. 266).
17/ Rapport sur la situation OKW/wFst du 29.7.43 (BA MA Rw 4/v106) Message OKW/wFst n°661746 du chef le 1.8.43 au Cdt Front Sud (BA MA Case 266).
18/ Rapport sur la situation OKW/wFst du 12.8.43 (BA MA rev.4/v1074
19/ Journal de guerre des Services de transport maritimes à Bastia 16.8.43 -(BA MA p. 6452 19-220)
20/ Le chiffre cité par le Général Gambiez (Libération de la Corse), Paris 1973,p.123) à savoir 7000 allemands, ne concerne que le début septembre 1943 et comprend tous les ressortissants de la Wehrmacht et des services techniques.
21/ L’auteur remercie le Cdt Herer Meier Welcker, pour ses renseignements détaillés sur les relations en Corse dès la période qu’à suivi 1′ armistice .
22/ Message OKW/wFst n°1005186/43 du Cdt Général du 10.9.43 au Cdt chef Front Sud (BA MA case 266).
23/ Journal de guerre des Services de transports maritimes à Bastia 10.9.43. (BA MA P.645219/220).
24/ ibid. (14.9.43)
25/ De Senger Etterlin. Journal de guerre de la campagne d’Italie (Sardaigne et Corse) Military Study c. 095a p.15 et suivantes.
26/ Message OKW/wFst/op (11) n°005110/43 du Cdt Général 9.9.43 au Cdt chef Front Sud (BA MA c. 142).
27/ Rapport sur la situation OKW/wFst du 12.9.43 (BA MA rev. 4/v109)
28/ Rapport OKW/wFst du 15.9.43 (BA MA rv 4/v109).
29/ Journal de guerre des services de transports maritimes à Bastia 2.10.43 – (BA MA p.645 219/220).
30/ Bulletin d’information n°35 du Cdt chef Front Sud F A. 1C n°6631/ 43 gV du 1.10.43 (BA MA Rh19/12).

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