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Actualités Oradour-sur-Glane. La mémoire profanée

22 août 2020
Le Centre profané
Le Centre de la mémoire tagué

Ils ne désarment pas, les négationnistes de tous poils, les admirateurs de la IIIème Reich. A Riga, en Lettonie, un pays de l’U.E., ils défilent tous les ans, au mois de septembre, pour commémorer une victoire des Waffen SS contre l’Armée rouge. Et cette année, ils ont eu la bénédiction du ministre de la défense du pays : « Ils sont la fierté du pays » a-t-il déclaré.  Des négationnistes il s’en trouve même, en France, pour nier le crime d’Oradour-sur-Glane par un détachement de la Division Blindée SS « Das Reich ». Ce 10 juin 1944, en un après-midi, ils ont massacrés 240 femmes, 205 enfants et 197 hommes, fusillés ou brulés. Il y eut quelques  survivants. Parmi eux, Robert Hébras que l’ANACR avait invité en 2012 pour commenter le film «Une vie avec Oradour ». Parmi les victimes, une famille corse, celle de Félix Aliotti, brûlé dans une grange ; son épouse Clara 23 ans et ses filles : Christiane 4 ans, Marie-Christine 2 ans et Michelle 2 mois. Avec toutes les autres femmes et enfants du village, ils ont été enfermés dans l’Eglise à laquelle les nazis ont mis le feu. Il n’y eut qu’une rescapée. Dans un livre, dédié à sa maman et à ses deux sœurs disparues dans l’Eglise, « Avant que ma voix ne s’éteigne », (1) Robert Hébras a témoigné du martyre des habitants du village et de sa miraculeuse survie.

 

Avec Robert Hébras à Oradour
Avec Robert Hébras à Oradour

Depuis ce funeste 10 juin, le village brulé a été conservé tel qu’il était au lendemain du massacre parce qu’ « Oradour est le symbole des malheurs de la patrie. Il convient d’en conserver le souvenir, car il ne faut jamais qu’un malheur pareil se reproduise. » avait dit le général De Gaulle (1). Un village neuf a été reconstruit à côté, avec un Centre de la mémoire dédiés aux martyrs. C’est insupportable pour les nostalgiques du Führer et de la milice. La vérité leur est insupportable. Aussi, se sont-ils évertués, depuis toujours, à effacer les traces de leurs crimes. Dans son livre, Robert Hébras témoigne qu’aussitôt après le massacre les survivants, comme lui, étaient recherchés par la milice afin que des rescapés éventuels ne puisse témoigner plus tard : «… je l’ai su par mon chef d’atelier à Limoges [là où il était mécanicien]. Des miliciens sont venus quelques jours après le drame pour lui demander si j’avais repris mon travail et s’il savait où j’étais. […] Il ne faut pas l’oublier, la guerre n’était pas finie …. […] Peu à peu, quelques jours après le carnage, plusieurs voix se sont élevées. J’ai ainsi appris que, durant la semaine qui a suivi, l’évêque de Limoges avait voulu célébrer un office à la mémoire des 642 victimes. Songez que c’était encore la guerre ! Les miliciens prétendirent que la cathédrale était minée et que si l’office avait lieu, ils la feraient exploser. » (1) L’office a quand même eu lieu.

Alors, qui sont le ou les tagueur.s ? des égarés ? Non ! Ils sont les héritiers des miliciens. Des marginaux ? Non ! Ce serait une erreur de les considérer comme tels pace que : « Penser que le nazisme est une question d’histoire déconnectée du présent, ce serait ne pas entendre le potentiel barbare de nos sociétés massifiées » (2) avait écrit Georges Bensoussan qui fut longtemps le rédacteur en chef de la Revue d’Histoire de la Shoah. Le premier ministre et celui de l’intérieur ont promis que tout sera fait pour retrouver le ou les auteur (s) du forfait qui a soulevé l’indignation et les témoignages de sympathies affluent pour la population du village martyr. Nous y joignons celui de l’ANACR 2A.

A.P.


(1) « Avant que ma voix ne s’éteigne ». Robert Hébras. Elytel éditions
(2) Dans
Philosophie Magazine n° 13. « Les philosophes face au nazisme ». p. 12

Liens : Oradour, un passé qui ne passe pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

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