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Actualités 27 mai 1943, le Conseil National de la Résistance

28 mai 2020
La cérémonie à Ajaccio
La cérémonie au monument de la Résistance

La cérémonie pour commémorer l’anniversaire de la première réunion du Conseil National de la Résistance, le 27 mai 1943 était organisée cette année en « mode confiné » mais l’application des règles fixées par le gouvernement ont été appliquées au niveau national avec plus ou moins de rigueur selon les lieux; à Ajaccio, quelques autorités civiles et militaires, deux porte-drapeaux, lecture du message ministériel par le directeur de cabinet du préfet  de Corse, Mr Guillaume Lercicolais et dépôt d’une gerbe, une seule ; à Bastia, la sous-préfecture a fait preuve de plus de libéralité puisque, outre le message ministériel, l’ANACR 2B a pu s’exprimer par la voix de son président, Sixte Ugolini, et déposer une gerbe au nom de l’association.

Extraits du message de Geneviève DARRIEUSSECQ, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées

Chaque 27 mai, nous nous souvenons de la première réunion du Conseil National de la Résistance. Ce jour de 1943 couronnait les efforts de Jean Moulin qui avait reçu la mission essentielle d’unifier la Résistance. Des mouvements, des partis, des syndicats ont uni leurs forces pour répondre à l’abaissement et pour préparer les réformes de la France libérée. Tous ont su, dans l’épreuve, s’élever au-dessus des désaccords et des différences idéologiques, pour placer haut l’intérêt supérieur de la patrie. Le combat pour l’unité de la Résistance, ce fut assurément le combat pour une France unie à l’heure de la victoire, pour une France prête à bâtir le monde de demain.

Chaque 27 mai, cette journée nationale est un appel à la jeunesse. Le combat pour l’unité, pour la solidarité, pour la dignité humaine, est toujours d’une brûlante actualité. Poursuivons-le !

Extraits du message de l’ANACR (qui n’a pas été lu)

[…] Cette création du CNR, représentant la Résistance, laquelle va se placer sous l’autorité du Comité National Français présidé par le Général de Gaulle, renforça la légitimité du Chef de la France libre auprès des Alliés. «J’en fus à l’instant plus fort» dira-t-il, car il représentait ainsi la France Combattante tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.  Elle va aussi permettre, en unifiant toutes les forces de la Résistance, la mise en place dès la fin 1943 des Comités locaux et départementaux de la Libération, la création début 1944 des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) qui vont avoir un rôle important dans la Libération de la France. Et la création du CNR va permettre l’élaboration et l’adoption d’un Programme qui sera publié le 15 mars 1944 dans la clandestinité sous le titre «Les jours heureux».

Sa première partie est un appel à la mobilisation de toutes les forces de la Résistance, du peuple français pour, par le développement de la lutte sous toutes les formes, préparer et hâter cette libération tant espérée. Ainsi, la Résistance apportera aux débarquements libérateurs des 6 juin 1944 en Normandie et 15 août suivant en Provence un appui dont le général Eisenhower soulignera l’importance en l’évaluant à l’action de 15 divisions […]. Près de 150 000 F.F.I rejoindront l’Armée française de la Libération qui, après avoir libéré Strasbourg, passera, tel le prestigieux «15-1» issu du «Régiment de Paris» FFI, le Rhin ; et participera aux côtés des autres forces alliées sur le sol allemand à la victoire finale sur le nazisme le 8 mai 1945.

 La seconde partie du Programme du CNR est consacrée aux mesures à prendre dès cette Libération pour restaurer les institutions républicaines du pays, pour le rénover par une profonde démocratisation politique, économique et sociale, elle trace les contours des «Jours heureux» dans une France que les Résistant(e)s veulent solidaire.

Le Gouvernement provisoire de la République française présidé par le Général de Gaulle, va mettre en œuvre le Programme du Conseil National de la Résistance : sur le plan économique, avec le souci, dont on peut apprécier en ces jours difficiles la pertinence, de faire en sorte, ainsi que l’avait déjà exprimé le Général de Gaulle dans un discours à la radio de Londres le 20 avril 1943, «qu’aucun monopole et aucune coalition ne puisse peser sur l’Etat ni régir le sort des individus [et que] les principales sources de la richesse commune soient administrées ou tout au moins contrôlées par la Nation…». […]

La démocratie politique et sociale sera approfondie : le 22 février 1945 seront créés les comités d’entreprise, le 29 avril, les femmes voteront pour la première fois, à l’occasion des élections municipales, en octobre la Sécurité sociale sera étendue à tous les salariés, on peut mesurer en ces temps de pandémie à quel point, inspirée de l’esprit de solidarité des Résistant(e)s, elle a été un acquis précieux qu’il convient de défendre et conforter. En avril 1946 sont créées les entreprises nationales EDF et GDF, en octobre suivant sera adopté le statut de la fonction publique… Toutes mesures qui, en dépit de remises en causes ultérieures, ont fondé, en privilégiant, ce qui doit être une exigence pérenne, l’intérêt général sur les intérêts particuliers, les principes et les bases du pacte social et républicain perdurant pour une large part jusqu’à nos jours, et qu’il faut préserver.

Promulguée le 19 juillet 2013, la Loi instaurant la «Journée Nationale de la Résistance, le 27 mai», rappelant que le 27 mai était le jour anniversaire de la création du CNR, lui assignait comme mission d’«assurer la transmission des valeurs de la Résistance et de celles portées par le programme du Conseil National de la Résistance». Valeurs humanistes et démocratiques plus que jamais nécessaires dans un monde qui connait toujours les guerres, les dictatures négationnistes des droits de l’homme et des peuples, la xénophobie et le racisme, l’insigne pauvreté allant jusqu’à la famine, et où resurgit le spectre du fascisme.

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