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Biographies ARRIGHI Paul Hyacinthe

9 octobre 2020
Arrighi Paul-Hyacinthe dit Bébé

Paul-Hyacinthe Arrighi dit “Bébé” est né le 20 octobre 1915 à Ventiseri et mort à Silvareccio le 6 mai 1998. C’est un résistant corse connu pour ses opérations contre les occupants et son évasion spectaculaire. Ensuite, officier dans l’armée française, il participe à la Libération de la France.

A Ventiseri où il est né, son père exerçait la profession de facteur. Il fait partie d’une fratrie de cinq enfants. Sa mère est décédée quand il n’avait pas trois ans. Muté à Bastia, son père se remaria et eut un sixième enfant. Le fait de vivre en ville lui a permis  de suivre une scolarité jusqu’au baccalauréat. Il maitrisait bien la langue anglaise. très bon sportif, il se destinait à être professeur d’éducation physique.

Résistance en Corse

Après sa démobilisation en juillet 1940, il chercha en vain à rejoindre l’Angleterre et les FFL. Il devint agent de renseignement au service des alliés.
À l’automne 1942, Paul-Hyacinthe Arrighi dit Bébé fut parmi les premiers à prendre les armes contre l’occupation italienne comme l’indique le général Fernand Gambiez dans son livre Libération de la Corse(1). Au côté de son ami Dominique Vincetti, Bébé Arrighi faisait partie des résistants qui sous la direction François Vittori gardaient la grotte de Porri où s’imprimait la presse clandestine. Ce village fut un quartier général de la libération de la Corse.
Dominique Vincetti était chargé de diriger la récupération et de la distribution des armes parachutées par les alliés ou livrées par des sous-marins anglais ou français comme le Casabianca. Bébé Arrighi l’accompagnait régulièrement. Comme le relate Maurice Choury, Bébé Arrighi était présent à l’embouchure du Travo(2). Dénoncé et arrêté suite à cette dernière opération, il résista à la torture et déchira les dépositions des témoins à charge.

 

L'évasion de Bébé Arrighi
L’évasion de Bébé Arrighi

Il réussit à s’évader de cette prison le 27 juillet 1943, après une préparation minutieuse de plusieurs nuits, en perçant le mur de sa cellule et s’échappant par le musée voisin(3). Cette évasion eut un large écho ; elle aurait été évoquée par Radio Londres. Elle est qualifiée de « sensationnelle » par la Résistance corse. Cet épisode sera évoqué plus tard dans une BD : « Vendetta »(4).

Libération de la Corse

Arrighi reprend le combat jusqu’à la libération de la Corse : il prépare et participe à la bataille de Champlan le 10 septembre 1943 où en tant que capitaine FFI, aux côtés de François Vittori, lequel à la tête de 200 partisans attaque un dépôt d’essence et de munitions et met 85 Allemands hors de combat(5). Les assaillants ne subissent que des pertes minimes. La part prise par Bébé Arrighi à la bataille de Champlan est un des principaux faits d’armes qui lui vaudront l’attribution de la croix de guerre(6)

Libération de la France

Après la libération de la Corse, l’île est devenue une base arrière stratégique pour des raids aériens sur l’Italie et la Provence. Arrighi rejoint le 1er choc du commandant Fernand Gambiez. Parti de l’île, il débarque au Rayol-Canadel, à l’ouest de Cavalaire (Var),  dans la nuit du 14 au 15 août 1944(7) lors de l’opération Anvil Dragoon, plus connue sous le nom de Débarquement de Provence. Il participe ensuite à la libération de la France.

 

 

Après la guerre

Après la guerre, Paul-Hyacinthe Arrighi décline un poste de lieutenant de gendarmerie. Il s’était marié en janvier 1943, et reprend avec son épouse l’exploitation du bar de la famille. Il est décoré Chevalier de l’ordre national en septembre 1983.

Jean-Pierre PAGANI

Distinctions de Bébé Arrighi

  •  Médaille militaire, par décret du 3 janvier 1944.
  •  Croix de guerre 1939-1945 avec palmes, avec citation : « Patriote et franc-tireur d’un cran  et d’une audace extraordinaire. S’est mis en vedette pendant la période préparatoire par l’exécution-de plusieurs missions périlleuses et par une évasion retentissante. A participé aux combats libérateurs et s’est magnifiquement conduit, notamment à Champlan où le groupe qu’il commandait infligea de lourdes pertes aux Allemands. »
  •  Croix du Combattant Volontaire 1939-1945.
  • Diplôme d’honneur du Gouvernement militaire de la Corse, décerné Paulin Colonna d’Istria, un des chefs de la Résistance en Corse le 25 avril 1944.
  • Silver Laurel Leaf Emblem pour services rendus, récompense remise le 26 novembre 1946 par la Couronne britannique.
  •  Chevalier de l’Ordre national du Mérite, 1983.

Notes :
(1) Fernand Gambiez. La Libération de la Corse. Hachette Littérature. 1973. pp. 105, 106.
(2) Maurice Choury. Tous bandits d’honneur. Editions sociales 1958, p. 72-75
(3) Ibid., pp. 91-94. Voir aussi Bernadette Spagnoli, « La spectaculaire évasion d’un résistant, 27 juillet 1943 : Bébé Arrighi perce le mur de sa prison et reprend les armes », Journal de la Corse,‎ 1er janvier 1989, p. 4.
(4) Vendetta (BD). Extraits. Texte Maurice Choury et Arthur Giovoni. Illustrations Eugène Gire. Édition Alain Piazzola 2011.
(5) Fernand Gambiez. La libération de la Corse, Hachette Littérature. 1973, p. 159.
(6) Giraud, « citation à l’ordre de la croix de guerre », Journal Officiel de la République Française à Alger),‎ 17 février 1944, p. 152
(7) Recueilli par l’auteur auprès de Bébé Arrighi.

Ressources documentaires :
*Wikipédia.
*Fernand Gambiez. La Libération de la Corse. Hachette Littérature. 1973.
*Maurice Choury. Tous bandits d’honneur. Editions sociales 1958.
*Recension par Jean-Claude Drouin, « La libération de la Corse : Général Fernand Gambiez, Libération de la Corse, Paris, Hachette-Littérature, 1973 [compte-rendu] »Annales du Midi, 1975, p. 241-242.
*Vendetta. Bande Dessinée. Textes de Maurice Choury et Arthur Giovoni, illustration de Eugène Gire (Giroud). Ed. Albiana 2011.
*Bernadette Spagnoli, « La spectaculaire évasion d’un résistant, 27 juillet 1943 : Bébé Arrighi perce le mur de sa prison et reprend les armes », Journal de la Corse,‎ 1er janvier 1989, p. 4
*Yan Monti, « Le Jour où les deux Paul se font la belle de la prison de Marbeuf », Corse Matin,‎ 1er janvier 2013, p. 9.

 

 

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