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Biographies DE PERETTI Maria

3 décembre 2019
Né(e) à Conca (France, Corse du Sud(2A)), le 30 Décembre 1902 – Décédé(e) à Ravensbrück, le 15 mars 1945

Maria de Peretti est née à Conca, près de Porto-Vecchio. Ses parents sont tous deux des maîtres d’école de la IIIème République. Après sa scolarité primaire à Conca, elle poursuit à Ajaccio ses études secondaires et à Paris ses études de médecine. Et c’est dans la capitale, Porte d’italie qu’elle exercera son métier ; comme un sacerdoce, pour les plus démunis qui n’ont pas les moyens de se soigner. Son métier , elle le concevait comme un apostolat. Le journal Filles de France de Danielle Casanova en témoigne : « Laissez-moi citer ici le cas de la jeune doctoresse habitant près de la Porte d’Italie, Maria de Peretti qui a soigné durant toute la guerre avec un zèle infatigable les malades de son quartier. Les ouvriers nécessiteux ne payaient pas la visite, mais étaient soignés avec le même dévouement que les clients aisés ».

Aussitôt la France occupée, Maria de Peretti entre en résistance. Sous le pseudonyme de « Marianne », elle est recrutée par le réseau Marco Polo qui a été créé sous les ordres de Londres, plus précisément du BCRA (Bureau Central de Renseignement et d’Action), les services secrets de la France Libre. Selon l’officier liquidateur du réseau Marco Polo, « Elle était chargée de mission de 3ème classe avec le grade d’assimilation de sous-lieutenant… Elle servait de boîte aux lettres pour la transmission des messages chiffrés avec les autres centres d’antennes. »

L’école de médecine. Maria de Peretti est assise au premier rang en partant de la droite.

Victime d’une dénonciation, elle est arrêtée et interrogée par la Milice et la Gestapo. Elle ne parle pas et doit être relâchée six mois plus tard faute de preuves. Elle est libre mais surveillée par les polices françaises et allemandes ; et comme elle a repris du service pour la Résistance, elle est arrêtée à nouveau, le 17 juillet 1944 en possession de messages codés. Elle subit la torture et les intimidations mais jamais elle n’a parlé. Elle fait partie d’un convoi parti de la gare de Pantin le 15 août 1944. Destination le camp de la mort de Ravensbrück1Selon d’autres sources de renseignements, elle aurait été ensuite internée à Neukohsberg et Rechelin (Ange Stromboni). Malgré les souffrances qu’elles endurent, le docteur Maria de Peretti et sœur Mère Marie-Thérèse essayent de soulager celles de leurs compagnes d’infortune. Ange Stromboni, relate que dans une lettre à une camarade de déportation, elle écrit :

« …sûrement je serais mieux au bloc 4 , mais vois-tu, ma conscience  me dicte que mon devoir est de rester parmi elles. Mon devoir est des rester là, mes camarades sont mourantes, elles sont attachées à moi ; toutes les nuits je me lève plusieurs fois pour me rendre à leurs derniers appels; Je ne puis pas les soigner, je n’ai rien, mais moralement je les aide, cela réconforte un peu de penser que l’on a un docteur à côté » de soi ».[…] Je suis sûre de rentrer  car physiquement et moralement je tiens le coup. Si je ne rentre pas , je veux que tu dises à ma famille toute la vérité : ils m’auront tuée. »

La mort rôde dans le camp et un jour, le 15 mars 1945, Maria de Peretti est conduite à la chambre à gaz dans les circonstances relatées ci-après par Madeleine Aylmer-Roubenne2Madeleine Aylmer-Roubenne. « J’ai donné la vie dans un camp de la mort ». Ed. J’ai lu. 15.11.2002. Pp 42 ert 43

« C’est en décembre 1944 que le camp de la mort devint camp d’extermination. (…) La sélection [des femmes] s’opérait presque ouvertement. (…) [le SS] leur racontaient qu’elles partaient travailler en usine, et les faisait monter dans une sorte de panier à salade, que nous appelions La Mina, je ne sais pourquoi.On les débarquait près du crématoire, et le déshabillage se faisait dehors, dans la panique, les gémissements, les cris et les tentatives d’évasion.Il y eut des scènes de désespoir insupportables, et des actes inoubliables de bravoure : un jour, une femme s’est approchée de l’une des prisonnières qui hurlait sa peur, en la rassurant : – Mais non, tu ne pars pas pour la chambre à gaz, tu pars réellement travailler en usine. La preuve : je viens avec toi ! Elle l’a fait et a été gazée. Ce geste s’est répété deux fois. L’une de ces femmes s’appelait mère Marie-Élisabeth (Une rue de Lyon, dont elle était originaire, porte son nom), L’autre, le docteur Peretti Della Rocca. *
* L’ANACR 2A a émis le voeu, à la Commission mémoire de l’ONAC, que le nouvel hôpital d’Ajaccio porte le nom de Maria de Peretti. »


Citation.

Le 24 mai 1945, le général de Gaulle et  le général juiciteront Maria de Peretti à l’ordre du corps d’armée Croix de guerre avec Étoile vermeil. : « De Peretti Maria FFC, agent d’un service de renseignement en territoire occupé par l’ennemi, au courage et au dévouement à toute épreuve qui, avec un mépris total du danger, a réussi lors de son arrestation à donner le signal d’alarme, évitant ainsi les plus graves dangers à ses compagnons, n’a jamais donné aucune indication après son arrestation malgré les sévices qu’elle a subis de la part de la Gestapo.

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