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Retour sur Oradour

Quel réconfort et quel honneur pour Robert Hébras d'avoir à conduire les deux présidents d'Allemagne et de France sur les lieux du drame d'Oradour sur Glane ! Après l'annulation de la condamnation injuste que lui avait infligée la cour de Colmar, voilà Robert Hébras symbole de l'amitié franco-allemande. L'ANACR 2A lui a toujours apporté son soutien. Par deux fois, il avait participé à nos Rencontres-Cinéma-Histoire, en 2012 et 2013. Nous revenons sur ce qui s'est passé ce 4 septembre 2013 à Oradour-sur-Glane en publiant cet article paru dans "La lettre de l'ANACR de la Drôme" (N° 49 de janvier 2014).

Oradour. 4 septembre 2013 Le 10 juin 1944, le régiment "Der Fürher" de la panzer division "Das Reich  s'est livré à la plus importante tuerie de civils perpétrée en France : 642 victimes dont 221 femmes et 215 enfants de moins de 15 ans. [Robet Hébras en a fait le récit sur Radio Alta Fréquenza]. Classées depuis 1946 au titre des monuments historiques, les ruines du village martyr révèlent une mémoire douloureuse entre toutes, avec le drame ajouté de la présence  de "malgré nous" alsaciens et l'impunité des officiers, entre autres Lammerding, général de la division SS mort dans son lit et Adolf Dickmann, commandant qui dirigea l'opération, tué sur le front en Normandie.
Invité de la France, le président allemand Joachim Gauck, près de 70 ans après le drame, a pu prendre la mesure du visage hideux de la barbarie. Aux côtés de François Hollande, entourant un des derniers survivants, Robert Hébras, dans la nef de l'église sans toit où furent exterminés près de 400 femmes et enfants,  instinctivement, symboliquement,  les mains se sont rapprochées, serrées, ne se sont pas quittées. Aux accolades qui suivirent entre les deux présidents, Joachim Gauck , s'adressant aux familles a pu ajouter : "Je partages votre amertume par rapport au fait que les assassins n'ont pas eu à rendre des comptes ; votre amertume est la mienne, je l'emporte en Allemagne et je ne resterai pas muet."
Commentant l'évènement, Robert Hébras a pu affirmer que ce moment historique du 4 septembre 2013, "ce n'est même pas de réconciliation qu'il faut parler mais d'amitié, car l'Europe et la paix ne pourront se faire sans l'amitié franco-allemande. Tel fut aussi le sens du geste de la "main dans la main" de Khol et Mitterrand en 1984 devant un autre champ d'horreur : Verdun.

Lien : Editorial janvier 2014

Posté par antoine