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Résistance et clandestinité en Corse

Dans ce livre, Guy MERIA, fils de Résistant, revisite la Résistance insulaire. Pour ce retour sur le passé, il éclaire le témoignage de son père à la lumière de ce qu'il a appris par la lecture de ce qui a paru depuis plus de sept décennies. "De mes lectures, de l’étude attentive des documents laissés par mon père Antoine Jean Meria, j’ai pensé que je pouvais apporter un témoignage supplémentaire (...).

La période de la Résistance dans l’île est bien connue de nos compatriotes.  En tout cas, l’intérêt qu’ils lui portent, leur curiosité, leur sensibilité à son égard, ne sont plus à démontrer.

Elle est proche de nous. On  peut remarquer, depuis la libération, que le souvenir de nos héros est rappelé sur l’ensemble du territoire insulaire, les interventions armées sont décrites à date régulière, dans les journaux, les pages Internet ou dans des conférences, qui sont proposées aux élèves des lycées et collèges. Les anciens résistants et ami(e)s de la Résistance y consacrent beaucoup d’efforts. Aujourd’hui on va plus loin, on dissèque, on analyse les textes d’archives moins sous le coup de la passion,  entre mémoire PC/FN, mémoire Gaullienne, mémoire Giraudiste et tant mieux pour l’histoire. Cependant cette réflexion moderne n’est pas au cœur des préoccupations de la population en 1942/1943, population qui accueille, protège, aide, guide  les différents intervenants de la libération de l’île (soit vivant et agissant en Corse soit venant de l’extérieur).  Cette  libération, elle la souhaite ardemment car la vie est difficile. La fin de l’année 1943, malgré une île libérée dans l’enthousiasme et l’année 1944 sont aussi particulièrement pénibles à cause des destructions, d’un difficile approvisionnement, de l’engagement de ses jeunes pour les combats libérateurs de la France.

Mon père qui fût souvent en première ligne constata déjà d’étranges comportements où les pratiques d’avant-guerre commencent à reprendre le dessus. C’est précisément dans ce contexte que les actions de récupération de la résistance commencent à poindre car on est déjà là dans un combat plus politique. Le but n’est pas uniquement de revendiquer de manière répétitive la première place dans l’action résistante mais avant tout de gérer l’île autrement.

Ce ne sera qu’un rêve suivi d’amères désillusions.

Guy MERIA
Posté par antoine