Menu

Marlène Rasori est décédée

Marlène Rasori, la trésorière de l'ANACR 2A est décédée le 15 mai. Ses obsèques ont été célébrées le 17 à l'espace Pichetti à Ajaccio. Elle a été inhumée au cimetière des Sanguinaires à Ajaccio.

Marlène RasoriQuelques mots pour dire adieu à Marlène. Quelques mots pour dire notre peine et nos condoléances à sa famille : particulièrement à Marina sa fille, à son gendre Jean-François et à Gabrielle ; à sa petite fille Gabrielle qui sans combler le vide laissé par la mort prématurée de Dédé, son époux, avait apporté à sa Mamè  une consolation que seule peut l'innocence des enfants.

La sienne enfance fut celle d'une fille de réfugiés italiens en Corse dans l'immédiat après-guerre. Des parents qui avaient fui l'Italie fasciste de Mussolini mais à qui il ne leur était quand même pas épargné les marques d'une italophobie qui paraît bien désuète aujourd'hui mais pourtant bien réelle en ce temps-là. Et dans la cour de l'école quand elle y était confrontée, elle avait appris à s'en défendre, à main nue s'il fallait. Et pour guérir éventuellement quelques bobos, il y avait cette mère aimante et douce dont elle moquait affectueusement son accent italien.
Dans son quartier, La grimpette, derrière Sainte-Lucie et dans le quartier Saint-Jean, vivaient de nombreuses familles, comme la sienne, venues d'Italie ; de  Toscane particulièrement. Tous des gens d'origine et de condition modestes. Et nombreux, comme son père, avant guerre, étaient restés fidèles à la Bandiera rossa et militaient à l'Unione Populare Italiana, une organisation antifasciste des fuorusciti (émigrés), dont Marlène montrait avec fierté la carte d'adhérent de son père.

A ses amis et camarades corses de son père, elle est toujours restée fidèle ; à leur cause aussi. Parmi eux, particulièrement Arthur Giovoni, Félicité Nicolaï, Albert Ferracci, Hyacinthe Pancrazi, Fanfan Alessandri, Charles (Charlot) Luzzi et Séraphin Mondoloni. C'était un peu comme une seconde famille ; il y avait le 35 (le siège du PCF), les rendez-vous au bar chez Martin Borgomano et les sorties en montagne le dimanche avec Charlot et Séraphin.
Marlène toujours débordante d'énergie. De l'énergie, elle en avait aussi pour militer au Secours Populaire et pour accomplir, chez Hachette, ses tâches professionnelles et son activité syndicale qu'elle partageaient avec Dédé, son époux.
A l'Association des Anciens Combattants et Amis de la Résistance, depuis une trentaine d'années, outre Charles Luzzi, elle y retrouvait Jérôme Santarelli, le capitaine FFI, qui en était le président. Elle était devenue la trésorière rigoureuse et appliquée, la gestionnaire avisée de l'association. Mais pas seulement : toujours disponible et d'un bon conseil pour tout ce qui touchait à la vie et aux orientations de l'association.

Marlène nous a quittés le 15 mai. Et pour se rappeler à notre souvenir, et comme un testament, elle a voulu nous faire entendre ces chansons populaires italiennes qu'elle entonnait pour mettre l'ambiance quand l'heure était à la fête :  Bella Ciao, le chant des Partiggiani (partisans), et La lega (la grève), celui des luttes féminines de sa Toscane . Adieu Marlène.

LA LEGA (La GREVE)

"Sebben che siamo donne
paura non abbiamo
per amor dei nostri figli
per amor dei nostri figli
sebben che siamo donne
paura non abbiamo
per amor dei nostri figli
in lega ci mettiamo

A oilì oilì oilà e la lega crescerà
e noialtri lavoratori, e noialtri lavoratori
a oilì oilì oilà e la lega crescerà
e noialtri lavoratori vogliam la libertà"

[…]

 

Posté par antoine