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LES FEMMES CORSE DANS LA RESISTANCE

Aullène, lundi 7 août. C'est sur, le thème "Les femmes corses dans la Résistance" que s'achevait le cycle de conférences dans le cadre d'une semaine consacrée cette année à "La Corse et les femmes". Dans une salle de la mairie d'Auddè, une quarantaine de personnes avaient bravé la canicule pour assister à la conférence qui s'est déroulée en deux temps.

Antoine POLETTI pour l'ANACR 2 A et Angelica CATELLAGGI pour l'Office National des Anciens Combattants de Corse-du-Sud ont tour à tour traité de la Résistance insulaire féminine  - A. POLETTI plus sur l'aspect historiographique et politique ; A. CATELLAGGI, plus dans sa version législative et réglementaire . "Une résistance féminine, fait remarquer A. POLETTI, qui a eu du mal à être identifiée et à émerger à cause d'une vision de la Résistance limitée à la seule sphère de la lutte armée, excluant de fait la Résistance civile, celle précisément où prend relief celle des femmes."   

Comment évaluer quantitativement et qualitativement cette Résistance féminine ?

C'est ce à quoi a tenté de répondre A. CATELLAGGI qui s'est livrée au dépouillement des dossiers archivés "Combattant Volontaire de la Résistance", un statut reconnu par la loi ; en fait, cinq lois successives de la Libération eu début des années 1990, prenant toujours mieux en compte la Résistance civile. Mais souligne A. CATELLAGGI, même si l'évolution des droits attachés à cette carte ont évolué et a pu être une motivation de  demande formulée tardivement par les femmes, il reste néanmoins que beaucoup de femmes n'ont jamais rien demandé. Une bonne raison, et d'autres raisons encore, qui obligent à utiliser avec précautions les statistiques qu'on pourrait tirer de ce dépouillement. "Concernant leur reconnaissance par l'Etat, on peut supposer que certaines n'ont pas jugé utile à l'époque de demander la carte de Volontaire de la Résistance (CVR) dès la guerre finie. Peut-être estimaient-elles que leurs actes ne valaient pas une reconnaissance. Toujours dans le contexte de l'époque, peut-être aussi que la femme ne pouvait pas prétendre à quelque reconnaissance que ce soit sans l'accord de l'autorité masculine. Les années sont passées et certaines se sont manifestées comprenant l'enjeu de cette reconnaissance (pension d'invalidité, rente de retraite, aides financières...)".

Et après guerre, quelle reconnaissance pour services rendus à la nation ?

Incontestablement, un palier fût franchi, tant en ce qui concerne les droits sociaux et économiques que les droits politiques. Dans le préambule, la Constitution adoptée le 27 octobre 1946 proclame "comme particulièrement nécessaire  à notre temps, les principes politiques, économiques et sociaux ci-après : "La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme." "Certes il y la loi a conclu A. POLETTI mais le chemin qui mène à la parité est long et parcouru d'embuches. Et les régressions  possibles. Principale difficulté : mettre en adéquation droits formels et droits réels,  autrement dit : créer les conditions matérielles pour qu'un droit consacré par la loi ou la constitution puisse effectivement être exercé. Et ce n'est pas tout. Peut être le plus difficile encore, il faut vaincre des mentalités rétrogrades venues du fonds des âges. "

Posté par antoine