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Hommage aux femmes corses déportées

Le but de Jackie Poggioli, la réalisatrice du film "Femmes corses déportées était de faire connaître, ou mieux connaître, ces femmes qui ont vécu l'enfer, qu'elles ne soient pas oubliées : Danièle Casanova, Maria De Peretti et toutes les autres. Elle y aura contribué pour sa part avec ce documentaire. Et le jour fut bien choisi pour cet hommage : "La journée internationale des droits de la femme".

Salle de l'assemblée de CorseAprès les discours de bienvenue par les hôtes du lieu - les présidents Gilles Siméoni et Jean-Guy Talamoni - après la présentation du film par Jackie Poggioli, c'est dans cette salle des délibérations l'assemblée de Corse que les invités avaient été conviés pour assister à la projection du film de Jackie Poggioli "Résistantes corses déportées". Parmi le public, au premier rang, Noëlle Vicensini, déportée à Ravensbrück à 17 ans et quelques membres des familles de celles mortes en déportation ou celles qui ont disparu après guerre.

monument déportation femmesPortraits de femmes, comme un patchwork tant sont diverses les conditions sociales, les milieux familiaux de chacune d'elles, les motivations de leur entrée en Résistance et tant d'autres choses qui les différenciaient. Ce qu'elles avaient en commun ? Leur origine géographique, la Corse à laquelle toutes restaient attachées et le sont restées pour celles qui sont revenues. Mais plus encore que leur origine géographique c'est une destinée commune qui va les réunir : elles étaient Résistantes et à cause de cela elles ont été arrêtées et déportées ; elles n'ont pas accepté la défaite, l'occupation étrangère et la collaboration du gouvernement de Vichy et ses affidés avec l'ennemi. "... Jamais tant de femmes, disait André Malraux, n'avaient combattu en France; et jamais nulle part, depuis les persécutions romaines, tant de femmes n'ont osé risquer la torture". Et parmi toutes ces femmes, celles de Corse ; les plus connues comme Danièle Casanova et Maria De Peretti mais toutes les autres avec elles. Et peut être aurait pu figurer avec elles Marie Reynoard née à Bastia, grande figure de la Résistance en Isère et morte elle aussi en déportation. *

Jackie Poggioli avec des archives et quelques souvenirs recueillis auprès des familles, tisse les fils de la mémoire, remonte le temps. Et pour nous pénétrer de ce que fut leur calvaire, elle se rend là "où pour la première fois, l'homme a donné des leçons à l'enfer" (A. Malraux) : Ravensbrück, Auschwitz-Birkenau et d'autres lieux de sinistre mémoire, sur fond de "Baltique plombée au loin, et peut-être le fond de la misère humaine. [Là où] Sur l'immensité de la neige il y eut toutes ces taches rayées qui attendaient. [Là où] maintenant il ne reste que vous, poignée de la poussière battue par les vents de la mort."

A.P.

* Jackie Poggioli nous fait remarquer justement que le périmètre de son champ d'investigation excluait les femmes corses qui même nées en Corse n'avaient eu qu'un lien ténu avec la Corse. Ce fut le cas de Marie Reyonard dont les parents n'étaient pas Corses et qui a quitté l'île alors qu'elle était enfant pour n'y plus revenir, Les femmes retenues pour le film étaient nées en Corse et y avaient des attaches.

Posté par antoine