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Ernest Bonacoscia nous a quittés

Ernest Bonacoscia est décédé le 31 décembre 2017 à l'âge de 88 ans. Son sourire bon enfant et la modestie avec lesquels il racontait sa Résistance et ses combats libérateurs contrastaient avec son courage et son audace sur tous les théâtres de guerre où il fut présent ; sans uniforme sur les hauteurs de Bastia avec les Résistants et avec les Goumiers en 1943 ; puis avec l'uniforme, dans les commandos, hors de Corse.

Ernest Bonacoscia n'avait que 14 ans lors de l'occupation fasciste. Ce fils d'immigrés italien garde son troupeau de brebis dans le maquis sur les hauteurs du Nebbio qu'il parcourt depuis son plus jeune âge. Il connaît tous les chemins, tous les recoins de son "palais vert", son maquis. Avec deux autres jeunes de son âge, ils renseignaient la Résistance sur les mouvements de l'ennemi. Après la capitulation italienne annoncée le 8 septembre au soir, ce sont les troupes allemandes qu'il faut affronter ; celles déjà présentes en cet été 1943 - quatre mille hommes environ - et celles arrivant de Sardaigne via Bonifacio - quelques vingt milles hommes - qui se hâtent de rejoindre  le continent italien. Le port de Bastia sera leur principal lieu d'évacuation mais pour protéger le ballet incessant de leurs bateaux faisant l'aller-retour vers l'Italie, les Allemands s'emparent des sommets et des cols qui dominent le port et ses voies d'accès. Objectif des goumiers marocains : reconquérir ces endroits stratégiques trop facilement abandonnés par les Italiens ; qui tient Teghjme tient Bastia. Pour ce faire, Ernest Bonacoscia sera à la pointe du combat, avec les libérateurs venus d'Alger. Sa connaissance du terrain leur donnera un précieux avantage sur l'ennemi.

Sa bravoure lui vaudra sa première décoration remise par le général Giraud venu en Corse durant les combats, en septembre. Et quelle décoration ! "La Croix de guerre 1939-1945". Le plus jeune à en être le titulaire.  Ҫa lui donnera aussi le "privilège" de pouvoir continuer le combat sous l'uniforme alors qu'il n'avait pas atteint l'âge d'être enrôlé. Avec les commandos d'Afrique, il participe à la prise de l'île d'Elbe au printemps 1944, puis au débarquement de Provence à la mi-août de la même année (reconquêtes d'Hyères et prise du fort du Mont Coudon qui domine Toulon) et à tous les combats libérateurs, y compris les durs combats de Belfort, et des Vosges où s'arc-boutaient les Allemands avant leur capitulation. Nénesse - ainsi l'appelaient affectueusement ses compagnons d'armes - n'a que 16 ans lorsque la guerre s'achève. Et déjà reconnu pour ses faits d'armes.

Après la guerre, il continue sa carrière militaire à Madagascar, en Tunisie, Indochine, Corée et Algérie. Il prend sa retraite en Corse avec le grade d'adjudant-chef.

Décorations et distinctions :

Parmi la trentaine de décorations et médailles, on citera la Croix de Guerre 39-45 (le plus jeune titulaire) et TOE
Officier de la Légion d'honneur D.P.L.V. (Décorés au péril de leur vie)
Officier du Mérite National
Médaille Militaire

Il était citoyen d'honneur de Belfort et Rayol-Canadel (Var).

Liens :

Les combats de la libération de la Corse

La libération de Bastia

Le col des goumiers

Les troupes italiennes et la libération  de la Corse

Charles Zuccarelli, un témoin, raconte.

Giovanni Milanetti, soldat de l'Esercito



Antoine POLETTI

Posté par antoine