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CNRD. Paris en récompense

C'est une habitude : ce sont des jeunes filles qui, en Corse-du-Sud, cette année encore sont au tableau d'honneur du Concours National de la Résistance et de la Déportation. Plus précisément les plus méritantes.

Les lauréates du CNRD 2015/2016 à ParisA quatre d'entre elles a été offert, en récompense de leur travail, un voyage à Paris. En compagnie d'Andrée Vespérini de l'ANACR 2A, Cécile Priot (collège de Porticcio, premier prix individuel), Anne Laure Oppo, Marie-Eve Buresi et Sylvana Wenz Guglielmi (collège du Taravo, premier prix collectif) ont pu visiter quelques haut-lieux de la culture et de la mémoire, les incontournables : les Invalides, le musée d'Orsay, la cité des sciences, le Louvre, Notre Dame et le Musée des déportés français dans l'île de la cité.

Une telle récompense, permise par le dévouement de M. Jacques Vergellati et une subvention de la CTC, est un encouragement à persévérer pour obtenir une plus grande participation des élèves à concourir. Un encouragement pour l'ANACR 2A à promouvoir le concours auprès des enseignants.

Compte-rendu du voyage

[...] nous sommes allées visiter le Mémorial des Martyrs de la Déportation qui est au
bout de l'Ile de la Cité. Il nous a beaucoup touchées car c’est sur cela que portait une
partie de notre travail, et cette exposition nous apportait encore plus de connaissances à
ce sujet. Ce Mémorial des martyrs de la Déportation est une évocation de la souffrance
de celles et ceux qui furent déportés de France entre 1941 et 1944. Nous avons appris
qu'il n'y avait eu aucun déporté partis de la Corse. Les déportés corses ont été arrêtés sur
le continent. (1)
Certaines informations nous rappelaient ce que nous avions écrit dans notre dossier.
Nous avons vu des témoignages, des citations de Robert Desnos. Celle-ci : « car les
coeurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté au rythme même des saisons et
des marées du jour et de la nuit » nous a beaucoup touchées. D'autres vers de poésie
étaient écrits sur les murs, de Vercors, Aragon, saint Exupéry. Cela nous rappelait ce que
nous avions pu lire pour notre dossier. La crypte où repose le déporté inconnu nous a
incitées à nous recueillir, à avoir une pensée pour tous ces gens pour qui ce mémorial
permet de ne pas tomber dans l'oubli.
Ensuite nous avons vu 200 mille pierres qui reflètent la lumière en symbolisant les
200 000 victimes françaises des camps nazis. Dans deux galeries latérales, on peut voir
des trous triangulaires qui abritent des urnes contenant de la terre ramenée des différents
camps ainsi que des cendres ramenées des fours crématoires.
Dans le couloir où sont exposés les témoignages des victimes et survivants, nous avons
approfondi nos connaissances et nous étions au coeur de certaines réalités, que nous
avions simplement vues sur internet, et c'était beaucoup plus parlant pour nous de les
voir dans ce contexte. Nous étions dans une atmosphère, un lieu qui évoquait vraiment
ces camps et qui nous faisait prendre encore plus conscience des atrocités de cette
période. La symbolique et le recueillement étaient d'autant plus fort que lorsque nous
étions derrière notre écran d'ordinateur, ou devant nos livres.
Les témoignages, les récits sur les horreurs vécues dans les camps nous ont permis d'en
savoir encore plus sur cette période. Même si on a l'impression d'en avoir déjà beaucoup
entendu, vu, lu, le symbolique de ce lieu fait réfléchir.
Ce mémorial évoque avec force le thème du concours de cette année :
« La négation de l'Homme dans l'univers concentrationnaire
nazi ».

[...] Ce voyage a été vraiment passionnant, nous avons découvert ou revu des monuments de
Paris et c'est toujours avec un grand intérêt que l'on marche à travers les rues d'une telle
ville. Nous connaissions toutes Paris pour y être déjà venues, mais aucune de nous n'avait
visité les Invalides et le mémorial des martyrs de la déportation. Nous qui vivons dans une
île et soit dans un village et qui allons au lycée dans une petite ville, Paris nous dépayse
d'autant plus. Nous avons eu l'impression de marcher des kilomètres et des kilomètres ! De
voir autant de monde, d'avoir une ville aussi grande à parcourir est à la fois très plaisant
mais aussi déstabilisant !
Nous avions toute envie d'aller au Louvre, mais ce musée est tellement grand que nous ne
savions pas vraiment ce que nous avions envie de voir, et portant il fallait choisir, puisqu'il
est impossible de tout visiter en une demi-journée !
Le musée d'Orsay est un très beau lieu, mais nous n'étions pas toutes passionnées par la
peinture impressionniste et la sculpture.
La cité des sciences a été un moment où nous avons toute partagé le même intérêt, nous
avons appris et en même temps la façon de découvrir est très plaisante, ludique.
Le mémorial des martyrs et de la déportation nous a replongées dans le coeur du travail
effectué pour le concours. Nous avons été particulièrement interpellées par ce lieu par tout
ce que nous avions appris et cherché pour ce travail.

(1) Note de l'éditeur  : Il y eu bien des déportés de Corse. : un centaine de notables arrêtés de janvier à juillet 1943. Nombre d'entre eux furent déportés en Italie, à l'île d'Elbe puis à Albereto sur le continent italien.
Il y eut aussi les 35 déportés de Petreto-Bichisano qui se retrouvèrent en Autriche et un juif -un seul - déporté de Corse qui mourut dans un camp.

Posté par antoine