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76ème anniversaire de la première réunion du CNR

La journée nationale de la Résistance a été commémorée à Ajaccio et Bastia. A Ajaccio ont été lus les messages de l'ANACR et de la secrétaire d'Etat à la défense, Mme Darrieussecq. Pour ouvrir la cérémonie, Flavia RICCI a lu un poème de Joël de Rosnay.

LE MESSAGE DE L'ANACR lu par Christiane PASQUA, membre du bureau de l'ANACR 2A

Lecture du message de l'ANACR 2AIl y a 75 ans, notre pays était à la veille d'un événement majeur de son histoire contemporaine : le débarquement des Alliés sur les plages de Normandie, le 6 juin 1944. Parallèlement à la progression des forces alliées, renforcées le 15 août par un second débarquement en Provence, les maquis de la Résistance et ses groupes urbains de combat allaient jusqu’à l’automne attaquer les garnisons nazies, provoquant dans leurs mouvements de retraite la fuite des collaborateurs en déroute. Ainsi, après la Corse dès octobre 1943, furent libérées sur le continent des villes et bientôt des régions entières....

Ces évènements, la Résistance les avait préparés depuis de nombreux mois. En premier lieu en faisant son unité le 27 mai 1943 à Paris, 48 rue du Four, lors de la réunion, sous la présidence de Jean Moulin, des représentants des huit principaux mouvements de Résistance ainsi que des six partis clandestins (communiste, socialiste, radical, démocrates-chrétiens, Fédération républicaine et Alliance démocratique) et des deux centrales syndicales CGT et CFTC. Le Conseil National de la Résistance s'était placé d'emblée sous la présidence du général De Gaulle dont l'appel historique du 18 juin avait sauvé l’honneur de la France en la maintenant dans le combat contre le fascisme et le nazisme. Après le 27 mai 1943, sa légitimité s'en trouvait renforcée. «J’en fus à l’instant plus fort» dira-t-il, car il dorénavant il représentait la France Combattante tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. S'ensuivirent, la mise en place de Comités de libération, puis la création début 1944 des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI) et l'adoption du programme du Conseil National de la Résistance à la mi-mars 1944.

La première partie de l'accord conclu le 27 mai 1943 était consacrée à la lutte pour libérer le pays. La seconde dessinait les contours de la France rénovée, démocratique et solidaire, dans laquelle l’intérêt général primerait sur les intérêts particuliers. Un programme dont nombre des avancées découlant de sa mise en œuvre à la Libération par le Gouvernement du Général de Gaulle sont encore si présentes dans notre vie citoyenne et sociale. Un programme fondé sur des valeurs et des idéaux dont l'économie mondialisée est un mauvais prétexte avancé par ses détracteurs pour les juger désuets

Commémorer ce 27 mai 1943, comme nous y invite cette Journée Nationale de la Résistance, c'est précisément rappeler ces valeurs et idéaux. C'est dire ce à quoi la Résistance a résisté : l'occupant certes, mais aussi le régime félon dit de l’Etat Français qui se mit aux ordres de l’occupant pour pourchasser et persécuter les patriotes - torturés, fusillés et déportés ; et avec eux, les victimes des persécutions raciales et antisémites, telle la sinistre «Rafle du Vel d’Hiv» de juillet 1942. Au total, plus de 70 000 femmes, hommes et enfants qui ne reviendront pas des camps de la mort. Rappeler le 27 mai 1943, c'est dire aussi que ce qui est advenu des promesses de paix et de progrès social de l'Organisation des Nations Unies n'a pas toujours été à la hauteur des espérances des Résistants de tous les pays, et des combattants de tous les continents qui ont vaincu le nazisme et du fascisme.

On assiste à la résurgence, à grande échelle, de cette idéologie qui mit le monde à feu et à sang. Le monde connaît toujours des guerres, des génocides, le racisme, la xénophobie, les atteintes aux libertés et à la dignité humaine, la torture. Et depuis quelques années, le terrorisme frappe la France et sévit plusieurs autres pays, autant de fléaux contre lesquels il faut, à l’exemple des Résistantes et des Résistants, se dresser sans faillir. "Réfléchissez, disait Louis Cortot, compagnon de la l'ordre de la Libération, n’acceptez pas les injustices, agissez. Pas parce que vous êtes sûrs de réussir, mais parce que c’est juste : c’est cela avoir un idéal. Restez toujours vigilants. Intéressez-vous à ce qui se passe en France, en Europe, dans le monde. Tout vous concerne. Défendez vos droits, mais ayez aussi conscience de vos devoirs.

Vive la Corse, Vive la République, vive la France !

LIEN : Message de la secrétaire d'Etat à la Défense, Mme Darrieussecq.

Flavia-RicciLE POÈME DE JOËL DE ROSNAY, alias BÉBÉ, lu par Flavia Ricci , élève de collège, membre du Conseil municipal de la ville d'Ajaccio

FRANCE

Ils disaient tous ma France ou la France éternelle
Et chacun te prenait un peu de plume à l'aile
Mais quand l'ennemi arriva
Les guérites étaient là
Mais plus les sentinelles

Ils disaient tous ma France ou la France éternelle
Moi je t'aimais et je ne disais rien
Je n'avais pas seize ans, France tu t'en souviens

Ils disaient tous ma France ou la France éternelle
Je n'ai rien dit moi, j'étais trop enfant
J'ai pris le fusil de la sentinelle
Et puis c'est fini maintenant

France pardonne moi si je te le rappelle
Je me sens si seul par moment

Posté par antoine