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17-20 avril 2015, 70 ans après à Ravensbrück.

Les anniversaires décennaux "sonnent comme les carillons de la mémoire" écrit l'historien Henri Rousso. Celui de cette année 2015 résonne du souvenir de 1945 : la fin de la Seconde Guerre mondiale mais aussi la libération des camps dans les mois qui précèdent.

17 élèves à RavensbrückAvril 1945, le camp de Ravensbrück était libéré par l'armée soviétique. Avril 2015, soixante-dix ans plus tard, il tenait à cœur à Noëlle Vincensini de commémorer avec éclat cet anniversaire; elle la jeune fille de 17 ans qui était de ces 132 000 femmes venues de toute l'Europe et qui vécurent l'enfer, une de ces 42 000 femmes qui y survécurent ; comme Germaine Tillion et Geneviève Anthnioz-De Gaulle qui feront leur entrée au Panthéon. Et ainsi est né le projet d'un voyage à Ravensbrück, du 17 au 20 avril, avec 17 élèves choisis parmi des établissements en Corse, accompagnés par Noëlle Vincensini, Jacqueline Wroblewski (ANACR 2A), Isabelle Gaggini (la fille de Geneviève Anthonioz-De Gaulle), Rosy Sarrola (Femmes solidaires), Françoise Willer (professeur d'histoire à Sartène) et Pascale Larenaudie (Per a Pace), habitée par le souvenir de son grand-père qui fut déporté ailleurs. Ailleurs, un autre enfer.

les roses du souvenirL'association Per a Pace forte du dévouement de ses bénévoles pour toutes les causes humanitaires, forte aussi et de l'expérience acquise des années auparavant avec des visites à Auschwitz-Birkenau, a pris en charge la logistique du voyage, recueilli les sommes nécessaires* et mené à bien ce projet.

La visite du camp était organisée par l'Amicale de Ravensbrück. Au programme : visite du camp, visite dans le temps ; dans ces temps où "l'homme a donné des leçons à l'enfer" disait Henri Malraux. Une visite pour se souvenir, et pour prévenir car la victoire sur le nazisme a été acquise militairement mais on en a pas fini pour autant avec cette idéologie des Anti-Lumières qui a mis le monde à feu et à sang.

A.P.

Jacqueline Wroblewski : "(...) toute trace du passé du camp (par exemple les baraquements...) a été soigneusement effacée. Il devient de plus en plus difficile aux jeunes générations d’imaginer qu’il fut un lieu d’horreur.(...) Il subsiste dans ce camp trois baraques, trois fours crématoires et le beau bâtiment cossu de la Kommandantur. Dans le musée au centre du camp figurent des statistiques et des détails du quotidien. Mais ces documents sont tous en anglais et en allemand. Il est étonnant de ne pas trouver de documents en français alors que sur les 13200 déportées, 8% étaient Françaises. (...)

Une chose regrettable m’a terriblement choqué : le lac Schwedt-See attenant au camp servait de déversoir pour les cendres des déportées exterminées dans les fours crématoires. Il est devenu à  présent une base nautique sans aucune mention de l'utilisation de ce lac pendant l'existence du camp. Pour moi c’est un cimetière aquatique qui doit être respecté."

 

 

 

* Ont soutenu ce voyage mémoire : Monsieur le préfet de Corse et son attaché, le rectorat de Corse et les lycées, le ministère des Anciens Combattants, la Fédération Maginot, la Direction régionale de la jeunesse et des sports, la Caisse des dépôts et consignation, les communes d'Ajaccio, de Ghisonaccia et Prunelli di Fium'Orbu.

Posté par antoine