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21ème anniversaire de l'assassinat du préfet C. Erignac

6 février 1998-6 février 2019. On commémorait, cette année, sur les lieux de son assassinat, le 21ème anniversaire de la mort du préfet Claude Erignac. La cérémonie était présidée par Mme Josiane Chevalier, préfète de Corse, préfète de la Corse-du-Sud.

Le préfet de  Haute Corse, Gérard Gavory assistait à la cérémonie. On notait la présence de nombreux élus dont deux d'entre eux, le maire d'Ajaccio Marc Marcangeli et le Sénateur Jean-Jacques Panunzi, déposèrent eux aussi une gerbe. La Collectivité de Corse n'était représentée que par Mme Bianca Fazi déléguée par Gilles Siméoni; le président de l'assemblée de Corse n'était pas représenté.

Le discours de Mme Josiane Chevalier, préfète de Corse, préfète de la Corse-du-Sud.

«Si j'apprenais que la fin du monde est pour demain, je planterai encore un arbre dans mon jardin».  Cette citation de Martin Luther King est l'une des citations que Claude Erignac avait consignée dans ses carnets. Cet arbre, c'est peut-être cet olivier, planté l'année dernière pour la vingtième commémoration de son assassinat sur cette place, inaugurée il y a un an jour pour jour par le Président de la République. Cette place, où il y a vingt et un an, le préfet Claude Erignac était lâchement assassiné. Assassiné pour ce qu'il représentait, l'Etat, et pour ce qu'il incarnait, la République.

Place Claude ErignacEn effet, s'en prendre à un préfet, c'est bien s'en prendre à l'Etat et à nos institutions. C'est vouloir frapper la République en plein cœur. C'est chercher à détruire ces valeurs qui nous unissent : la liberté, l'égalité et surtout la fraternité. Comme le disait Claude Erignac : « La première des solidarités est celle qui relie les citoyens entre eux à travers l'Etat ». En s'attaquant à un préfet, c'est à la solidarité nationale que l'on s'en prend. Ce geste est d'autant plus impardonnable que ce n'est pas seulement l'unité de la République et l'honneur de la Corse qui ont été visés ce soir-là. C'est aussi un homme : un mari, un père, un ami, qui a été tué, lâchement, dans le dos.

Comment ne pas évoquer la phrase de Stefan Zweig : « Tuer un homme, ce n'est pas défendre une doctrine ou un idéal. C'est tuer un homme ». Nul ne doit avoir le droit de donner impunément la mort à un homme et, par cette folie meurtrière, plonger les siens, sa famille, ses proches dans une souffrance indicible. Nous songeons à son épouse, Dominique, et à ses deux enfants, Charles-Antoine et Marie-Christophine, que ce drame ne quittera jamais, et nous leur adressons en ce jour nos pensées affectueuses et recueillies.

Je veux donc rendre aujourd'hui un hommage vibrant et sincère à Claude ERIGNAC. J'éprouve d'autant plus d'émotion que c'est pour moi la première fois que je me retrouve sur ce lieu pour honorer, avec vous, la mémoire de ce serviteur de l'Etat au parcours exemplaire, qui avait mis tout son talent au service de cette île qu'il aimait tant. Chaque jour depuis ma prise de fonction en tant que préfète, je m'inspire de ce qu'il a été et de ce qu'il a fait, tant il avait compris qu'il s'agissait bien plus que d'un métier, mais d'une mission et d'un engagement personnel de tous les instants au service des autres et de l'intérêt général. Je pense qu'il n'y a pas plus bel hommage à son histoire, à ses convictions, à son action au service de l'Etat, que de réaffirmer haut et fort que la République est la plus forte, que la violence n'a pas le droit de cité, et que ses auteurs, ses complices, ceux qui la cautionnent, ne promettent à la Corse que le malheur et le déclin.

Drapeau ANACR 2ALes Corses eux-mêmes ne s'y trompent pas. Dès le lendemain de l'assassinat, ils condamnaient cet acte, faisant part de leur profonde et douloureuse émotion, choqués par l'assassinat de "leur préfet". Ils étaient plus de 40.000 dans les rues de Corse pour dénoncer cet acte inqualifiable. Les femmes tenaient le premier rang de cette marche si forte en symboles. Par la suite, les auteurs de ce crime ont été arrêtés et déférés à la Justice. Celle-ci est passée et a été rendue. Mais, si la prise de conscience collective a été à la hauteur de la gravité de la situation, si la justice a rendu son verdict dans cette affaire symbolique, jamais nous ne pourrons oublier, jamais nous ne devons oublier.

Madame ERIGNAC le rappelait dans son allocution l'an dernier : « Oublier un crime est un crime ». Nous sommes donc rassemblés ici, aujourd'hui, vingt et un an après, pour faire œuvre de mémoire;  pour espérer que cette violence est désormais définitivement derrière nous ; pour conforter la voie de l'apaisement, la seule qui permette le « vivre ensemble » ; pour aussi croire en l'avenir de cette île au sein de la République. C'est donc un message d'espoir que nous envoyons aujourd'hui aux jeunes générations.

Vive la Corse ! Vive la République ! Vive la France

Posté par antoine