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Paulin COLONNA d'ISTRIA

Né(e) à Petreto-Bicchisano (France, Corse du Sud(2A)), le 27 Juillet 1905 - Décédé(e) à Toulon (France, Var(83)), le 4 juin 1982

Avec son frère Nicolas, il passe son enfance en Algérie où son père servait dans la gendarmerie. Enfant de troupe, comme son frère aîné, il s’engage à 18 ans au 23ème régiment de tirailleurs algériens il participe à la guerre du RIF (1925-1926) Après des études au collège militaire d'Autun, puis à Saint-Maixent, il opte pour une carrière militaire. Lieutenant à 25 ans, ll choisit alors la gendarmerie. Quand se produit le débarquement de novembre 1942 en Afrique du Nord, il est en poste en Algérie avec le grade de capitaine et adjoint au général commandant la gendarmerie

Pendant la guerre

Le général Giraud, qui le sait désireux d'agir pour la Corse, le désigne pour remplacer le commandant de Saule à la tête de la mission Pearl Harbour. La Corse traverse une période très difficile avec la répression exercée par l'OVRA qui, en mars 1943, a démantelé le réseau gaulliste R2 Corse et son chef, Fred Scamaroni, arrêté le 18 mars, s'est suicidé le lendemain. Le 4 avril 1943, un sous-marin anglais, Le Trident débarque « Cesari » sur la côte est, près de l'embouchure du Travu. Il entreprend une mission complexe que sa connaissance de la Corse et ses relations amicales ou familiales vont faciliter. Réaliste, il convient que le Front national reste la seule organisation capable de rassembler et de conduire les résistants, en dépit des divergences politiques qui les ont séparés jusque là. Homme de terrain, conscient de l'urgence du problème de l'armement, il continue la recherche des terrains de parachutage. Il s'est installé dans le Niolo, à Corscia. Une région montagneuse où un parachutage de quatre tonnes d'armes est fait le 4 mai sur le terrain "Aigle". Les Italiens sont alertés, mais Colonna d'Istria échappe aux recherches. Vers la mi-juin, le sous-marin anglais HMS "Sybil" revient près du Travo pour livrer des armes. Colonna d'Istria monte à bord pour rencontrer le commandant. Mais l'intervention d'un poste italien oblige le sous-marin à reprendre la mer. Il rejoint Alger avec Colonna d'Istria à son bord.. Pendant le séjour à Alger de Colonna d'Istria, le roi Georges VI lui remet la DSO (Distinguished Service Order). Colonna revient le 2 juillet : il est débarqué par le "Casabianca" à Saleccia, sur la côte des Agriates. Il retrouve la direction du Front national, diminuée par la mort d'André Giusti et les arrestations de Nonce Benielli et Jean Nicoli. Il est intégré au Comité départemental avec Maurice Choury et Henri Maillot. Il échappe encore à une arrestation lors de l'attaque de la grotte de Porri, avec François Vittori et Arthur Giovoni. Depuis le début de sa mission, il garde le contact par radio avec Londres et continue son travail de renseignement. Il est également chargé durant l'été 1943 de la préparation de l'insurrection armée en Corse du Nord, et sera l’un des artisans de la synthèse des mouvements, réseaux et actions des résistants corses. Dès l'annonce de l'armistice italien le 8 septembre 1943, il prend contact avec le général Magli pour exiger de lui une prise de position et participe à l'appel général à l'insurrection, selon les prévisions du comité départemental du Front national. Arrivé à Ajaccio le 14 septembre, il est intégré dans le conseil de préfecture. Il reçoit huit jours plus tard des mains du général Giraud la Légion d'honneur comme "organisateur et chef de la Résistance en Corse". Il quitte la Corse après les cérémonies du 30 novembre 1943 qui célèbrent le rattachement de l'île à la France révolutionnaire en 1789 et après avoir aidé le général Henry Martin à récupérer les armes détenues par les patriotes. Colonna d'Istria reprit sa carrière militaire et la poursuivit jusqu'en 1963 : d'abord au commandement supérieur des Forces françaises en Grande-Bretagne, puis dans Paris libéré où il entra le 25 août 1944 avec les troupes françaises (Croix de la Libération en 1944). Il y commanda la gendarmerie avec le grade de lieutenant - colonel. Placé ensuite à la direction de la gendarmerie d'Algérie, puis de Lyon, il était colonel en 1947, et général de brigade en 1956. Il fut élu député de l’Algérie en 1951. Son dernier poste fut le commandement de la gendarmerie des Forces françaises en Allemagne. Grand officier de la Légion d’Honneur en 1963, compagnon de la Libération il décède à Toulon le 4 juin 1982. Il a contribué à l'effort de recherche historique du Comité d'Histoire de la Deuxième Guerre mondiale créé et dirigé par Henri Michel.

Un monument a été érigé à sa mémoire à Petreto-Bicchisano, son village. Une rue d'Ajaccio porte son nom à Ajaccio

(Extrait du CD-Rom « La Résistance en Corse » Hélène Chaubin)

Posté par antoine