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Les missions


Chant du Casabianca

Les missions[…] Elles arrivent d’Alger par sous-marins mais sans concertation car elles dépendent de deux pouvoirs concurrents : celui du général De Gaulle qui réside à Londres et celui du général Giraud qui, évadé sept mois auparavant, a rejoint l’Afrique du Nord le 9 novembre 1942. Il s’y est rallié à Darlan et a pris le commandement des troupes françaises. Il a autorité sur les services secrets qui ont été mis en place par Vichy. Il place à leur tête le général Ronin, ex-chef du 2ème Bureau de l’Air à Vichy. Après l’assassinat de Darlan en décembre, il lui succède au poste de haut-commissaire. Il ne reconnait aucune autorité au général De Gaulle et, dans l’affaire de Corse, il le tient dans l’ignorance de ses projets jusqu’au 9 septembre 1943. A quelques jours de distance, le sous-marin français  Le Casabianca, puis le sous-marin britannique HMS Ttribune, font la traversée d’Alger jusqu’aux côtes ouest de Corse et y déposent les premiers agents chargés de nouer des liens avec la Résistance corse.

La mission Pearl Harbor

Le Casabianca en plongée

Dans la nuit du 14 au 15 décembre 1942, c’est une mission organisée à l’initiative du général Giraud par le 2ème Bureau et les services américains de l’OSS (Office of stratégic services) qui parvient dans l’anse de Topiti entre Porto et Cargèse, trompe la vigilance italienne et débarque la mission dite Pearl Harbour, sous les ordres du commandant De Saule, un officier professionnel du renseignement. L’équipe compte quatre autres hommes : un agent de l’ O.S.S. connu sous le nom de « Fred Brown » qui a déjà travaillé comme opérateur radio, et trois Corses, Laurent Preziosi, et deux cousins, Toussaint et Pierre Griffi. Pierre est aussi opérateur radio.


Robert Cardo - Sous-marinier du Casabianca
La dernière mission du Casabianca.

La mission Sea Urchin

photos_034.jpgDans la nuit du 6 au 7 janvier 1943, la mission Sea Urchin conduite par Fred Scamaroni arrive dans la baie de Cupabia au nord de Propriano. Fred Scamaroni, Corse lui aussi, est agent des Forces françaises libres (FFL) depuis juin 1940. Il a convaincu De Gaulle de l’opportunité de travailler à la future libération de l’île dont il saisit toute l’importance stratégique. Il est accompagné par un radio, J.B. Hellier choisi par le BCRA (Bureau central de renseignement et d’action), et un britannique instructeur en armement nommé Jickell.

La mission Frederick

Début février 1943, c’est au tour de la mission « Frederick », elle aussi venue d’Alger, de prendre pied en Corse. Elle est organisée par le Service Secret d’espionnage Britannique I.S.L.D. (Inter Service Liaison Département) M.I.6. Son objectif : créer un réseau de renseignements pour informer les Alliés sur les Forces ennemies italiennes qui occupent la Corse depuis le 11 novembre 1943.

L’approche des mouvements de Résistance par les missions

Selon Hélène Chaubin, (1) "Cette approche a été conduite différemment selon les missions.
Pour Fred Scamaroni, toute action doit être placée sous l’autorité du chef de la France libre : aussi échoue-t-il dans ses tentatives de fusion avec les mouvements Combat, Franc-Tireur et Libération, dont les effectifs en Corse sont d’ailleurs assez faibles et où se retrouvent les mêmes responsables. Ce n’est donc qu’à titre individuel que certains acceptent de soutenir la mission Sea Urchin. C’est le cas de Jean Zuccarelli et François Giaccobbi. L’entente avec le Front national est impossible en raison des désaccords sur le projet insurrectionnel et du refus des dirigeants (Arthur Giovoni, Nonce Benielli), rencontrés sous le pseudonyme de « Severi », de se soumettre au chef de la France combattante. Fred Scamaroni, cependant, garde le contact : il prête un poste radio au Front national. Mais désireux de se conformer aux règles les plus strictes de la clandestinité, il manque de relais personnels si précieux en Corse et, de plus, il ne saisit pas les subtilités des différentes tactiques du Parti communiste national, du Parti communiste régional et du Front national.
La situation de la mission Pearl Harbour est différente : ses membres ont posé en principe, dès le départ, que les étiquettes ne seraient pas prises en compte. Ils veulent l’appui du Front national. Ils savent l’indépendance du commandement en chef des troupes d’Afrique du Nord par rapport à celui de la France libre. Sans exclure une future union de toutes les forces résistantes, ils privilégient dans le court terme la coordination des Résistances locales, -Résistance communiste comprise-, et la préparation à une lutte armée. D’où le succès des contacts pris, en particulier avec Nonce Benielli et Arthur Giovoni. En février 1943, leurs réseaux du Nord, de Corte et du Sud sont constitués."

La mission Frederick est plutôt en dehors de cette compétition franco-française ; son seul objectif, c'est le renseignement. Pour accompagner Guy Verstraete, son chef, elle recrute des Corses d'Alger - Antoine Colonna d'Istria et Charles Andrei - qui pourront à leur tour , en Corse, rechercheront des amis et parents pour les aider.

(1) "Corse des années de guerre 1939-1945". Ed. Tirésias. pp.76 et suivantes)

Posté par antoine