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Les forces politiques en présence à la fin des Années 30

« A la veille du 2ème conflit mondial, c'est la même assemblée qui a été élue en 1936, celle du Front Populaire, qui préside aux destinées de la France et c'est donc elle qui majoritairement votera les pleins pouvoirs à Pétain. »
La Corse compte à ce moment-là quatre députés et trois sénateurs, tous issus des deux clans qui se partagent le pouvoir en Corse : les radicaux qui participent et soutiennent le gouvernement issu du Front Populaire et la droite conservatrice qui y est opposé.
« […] La lutte qui les oppose remplace [en Corse] ce que François Pietri appelle de prétendues luttes d'idées. Le discours et la réflexion politique dans l'île se situent au niveau modeste de la défense des intérêts, fait observer Hélène Chaubin. L'élu est celui qui, par sa réussite sociale et politique, est en situation d'apporter à sa clientèle des avantages matériels et surtout des emplois. Le besoin de solidarité dans une région pauvre et géographiquement isolée est à l'origine des clans. Les liens sont continus d'une génération à l'autre, et les clientèles sont fidèles. Ceux qui se tiennent à l'écart du système n'ont pas d'élus » (1)   Hélène Chaubin « La Corse des années de guerre 1939-1945 Ed. Tirésias » - A.E.R.I. p 22   C'est le cas des communistes qui n'ont aucun élu malgré quelques 300 adhérents. Ils n'ont eu que 662 suffrages sur 49 237 exprimés aux législatives de 1936. Et c'est pire encore pour la S.F.I.O. qui n'a obtenu que 397 voix. Mais sur fonds de luttes sociales, ils gagnent la sympathie des travailleurs qui revendiquent ; surtout parmi les jeunes.
Autre force politique à l'écart des clans : l'extrême droite qui de son hostilité au Front Populaire a fait son fonds de commerce et qui attire plus que le P.C.F. Le Parti populaire français est dirigé par le maire de Lévie, le docteur Bonardi et compte parmi ses plus actifs soutiens Simon Sabiani, ex-député de Marseille et maire d'Albertacce et Achille de Susini (Jean Makys), le fils du directeur de La Dépêche corse. Ses adhérents sont au nombre de 800 environ. Le Parti social français, l'autre parti d'extrême droite, a été créé peu après l'avènement du Front Populaire et compte 450 adhérents et s'est doté en janvier 1938 d'un organe de presse : A Fiamma (La Flamme). L'anticommunisme, la haine du Front Populaire, de la démocratie et de la République, c'est ce qui réunit ces deux partis.
Enfin dernière force politique à l'écart du clan : le mouvement autonomiste dont une fraction glissera vers l'irrédentisme, voire la collaboration, et l'autre fraction, majoritaire se laissera séduire par le régionalisme de Pétain.

Posté par cabrio2b