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la montée des périls

Plutôt Hitler que le Front populaire

Vingt et un ans seulement séparent la fin de la première guerre mondiale du début de la seconde. Et l'une et l'autre guerre ont bien partie liée ; liée jusqu'à se confondre pour certains : une guerre de trente ans en quelque sorte. Indéniablement l'avènement d'Hitler au pouvoir doit pour une part au traité de photos_002.jpgVersailles, draconien pour l'Allemagne vaincue. Et le pacifisme (plus jamais ça) né contre cette guerre meurtrière et atroce fut, c’est vrai, un handicap pour réagir comme il aurait fallu face à la montée des fascismes en Europe. Mais cela n’explique pas tout. La cause fondamentale est ailleurs. Ailleurs dans "la trahison des clercs" – les intellectuels qui comptent- qui n’ont opposé qu’une faible riposte aux thèses fascistes qui niaient les grands principes des droits de l’homme et du citoyen promus par les Lumières. Ailleurs aussi dans le slogan « Plutôt Hitler que le Front populaire ». Ce que Jacques Maritain, le philosophe catholique, explique ainsi : « Les partis se réclamant de l’ordre et de l’autorité (…) ne voulaient à aucun prix courir le risque d’avoir à combattre Hitler et Mussolini en qui elles voyaient follement les défenseurs de l’ordre et de la propriété ». Comment expliquer autrement les reculades des démocraties face aux dictatures ? …l’abandon de l’Espagne républicaine ? …et le refus persistant de ces démocraties de conclure une alliance avec l’U.R.S.S. quand il était encore temps ?

En Corse aussi

Sur ces grandes questions la Corse est en résonnance avec le pays. C'est vrai du pacifisme, car l'île a payé un lourd tribut à la guerre 1914-1918 : près de 10 000 morts, et les blessés, et les gazés. photos_003.jpgC'est vrai des affrontements idéologiques à propos du Front Populaire soutenu en Corse par le clan des radicaux (César Campinchi fait partie du gouvernement), les socialistes et les communistes faiblement implantés avant guerre ; toute la gauche opposée à la droite du clan de l'ex-ministre François Pietri et aux partis d'extrême droite : P.P.F. et Parti Social Français C'est vérifié quand il s'agit de l'engagement d'une quarantaine de Corses et autant d'Italiens réfugiés antifascistes qui allèrent combattre avec les républicains espagnols. A l'opposé, les conquêtes des nazis et des fascistes en Europe et en Afrique reçoivent les soutiens conjugués du maire Dominique Paoli et des irrédentistes.

L'irrédentisme très largement rejeté.

photos_004.jpgL'irrédentisme ? Mussolini revendique la Corse et la crainte des Corses dans leur grande majorité, d'être annexés par l'Italie sera le principal moteur de la Résistance. La riposte des Corses est massive. Elle est clairement exprimée fin 1938 par le serment de Bastia. Le pacifisme n'est plus de mise face aux prétentions du Duce qui déploie d'importants moyens de propagande : journaux, émissions radios, bourses pour des études en Italie, etc. Certes, il s'appuie sur un consulat renforcé mais il n'obtient pas les résultats escomptés parce que Mussoloni « …ne comprend pas que les racines du patriotisme corse sont liées au consentement accordé en 1789 […] écrit Hélène Chaubin. Mais « on ne peut ignorer, poursuit-elle, les exceptions. C'est le cas des autonomistes du P.C.A. », plus précisément d'une fraction d'entre eux. « Une minorité issue de ces milieux approuve toutes les initiatives allemandes et italiennes dans le domaine de la politique étrangère ». La droite corse qui « n'est pas sans approuver certains aspect du régime fasciste » ne se laissera toutefois « jamais aller jusqu'à prôner le séparatisme ou à soutenir l'irrédentisme » (1) Hélène Chaubin Corse des années de guerre, 1939-1945. pp 13, 14. Editions Tirésias-AERI.   .

Posté par cabrio2b